La fonte des glaces révèle des milliers de vestiges antiques cachés dans les montagnes scandinaves

Le réchauffement climatique est un fléau pour la planète et pour l’humanité. Mais alors que la glace fond, une équipe d’archéologues découvre en Norvège des milliers d’objets historiques, certains vieux de 4000 ans !

 

La Norvège, terre d’archéologie

Depuis 2011, Lars Pilø et James H. Barrett parcourent chaque année le comté d’Oppland et le parc national de Johunheimen à la recherche de vestiges piégés dans la glace. Une glace qui n’est pas à même le sol, non, mais trouvable uniquement à des centaines voire des milliers de mètres d’altitude : dans les hautes montagnes du centre de la Norvège.

L’archéologie glaciaire, qui prend place en Norvège mais aussi dans les Alpes ou dans les montagnes d’Amérique du Nord, a pour but de sauvegarder des artefacts antiques, conservés par le froid de la glace les entourant. Grâce (ou à cause) du réchauffement climatique, ces vestiges d’un temps passé sont libérés mais souffrent rapidement d’un risque d’oxydation ou de dégénération dû à l’exposition à l’air libre. Lars Pilø et James H. Barrett, accompagnés de leur équipe, s’empressent alors de dénicher ces morceaux d’histoire.

En plein coeur de Jotunheimen.

 

2 000 objets archéologiques

Depuis le début de sa mission, l’équipe a découvert près de 2000 objets archéologiques ! Des artefacts divers et variés que les deux hommes ont situés chronologiquement, en usant de la technique de datation au carbone. Parmi les objets retrouvés, on dénombre des flèches, des chaussures vieilles de plus de 3000 ans, des habits et même des restes de skis !

Pour les archéologues, ces découvertes sont aussi le reflet de la civilisation de l’époque. Si certaines époques semblent dépourvues d’objets archéologiques, d’autres sont bien plus fournies en vestiges : la période d’un Petit âge glaciaire, qui s’étend du VIe au VIIe siècle, en fait partie. « Durant cette époque, les températures se refroidissaient. Les cultures se faisaient de plus en plus rares et la population a fortement diminué. » déclare James H. Barrett. Pour lui, les mauvaises conditions météorologiques ont poussé les Scandinaves à passer d’une activité agricole à une activité de chasse et de cueillette. Les peuples de cette époque n’hésitaient donc pas à aller chasser dans les montagnes pour se sustenter. Leur animal de prédilection ? Le renne, dont la fourrure faisait partie intégrante du commerce de l’époque.

D’autres objets archéologiques, datant cette fois-ci du VIIIe jusqu’au Xe siècle, stipulent également du développement de la Scandinavie en pleine ère viking, et de « l’augmentation de la population, de la mobilité et du commerce ».

En revanche, peu d’objets datant du XIe siècle et au-delà ont été retrouvés. Les archéologues pensent que cela est dû à l’adoption de meilleures méthodes d’agriculture, à une détérioration des conditions climatiques ou bien à l’arrivée de la peste au XIVe siècle. Dans tous les cas, le travail de Lars Pilø et de James H. Barrett est primordial : loin de la guerre, des raids et des batailles, les antiques vestiges que l’équipe retrouve met en avant la société scandinave de l’époque, son fonctionnement et son adaptation face aux événements. Pour en savoir plus, une étude a été publiée dans la revue Royal Society Open Science et l’équipe d’archéologues met à disposition des internautes un résumé détaillé de la mission sur leur site internet.


Le fondateur du prix Nobel était fabricant d’armes

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