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Aujourd’hui, Vénus est une planète très hostile pour l’Homme : 450°, et des pluies d’acide sulfurique. En revanche, les chercheurs viennent de découvrir que la planète aurait pu être habitable par le passé, en usant de simulations climatiques. Dans les faits, les températures et la situation météorologique auraient pu être adaptées à l’Homme, jusqu’à il y a 715 millions d’années. Explications.

Une planète qui était habitable pour l’Homme ?

Vénus aurait été semblable à notre Terre actuelle pendant 2 à 3 milliards d’années. Les chercheurs de la NASA se sont intéressés à l’eau liquide, et se sont notamment demandé “si la planète aurait pu être capable de la supporter un jour”, menant à l’hypothèse d’une possible vie. Ainsi, l’équipe de chercheurs a mis en place cinq scénarios, avec cinq simulations différentes, représentant chacun des niveaux d’eau différents couvrant la planète. Ce qui est intéressant, c’est que dans l’ensemble de scénarios, la planète aurait été, à chaque fois, en mesure de maintenir un climat tempéré, stable, pendant des milliards d’années.

L’ensemble a été présenté durant l’European Planetary Science Congress (EPSC) 2019 à Genève. Si les chercheurs se sont intéressés à l’eau sur Vénus, c’est qu’il existe toujours le fantasme d’un océan ancien sur la planète. En 1992, une sonde de la NASA avait mesuré un rapport isotopique (deutérium sur l’isotope d’hydrogène) D/H très élevé, plus de 150 fois celui de notre Terre. Ainsi, la seule raison possible aurait été la présence d’un ancien océan, aujourd’hui évaporé.

Avec la mission Magellan, les chercheurs ont pu en savoir plus sur la topographie de Vénus entre 1990 et 1994. Pourtant, si des milliers de structures volcaniques ont été découvertes, il n’y avait que très peu de cratères d’impact sur la surface de la planète. Cela prouve que cette dernière était très jeune. De cela, les scientifiques en déduisent qu’un événement exceptionnellement puissant s’est déroulé, ce qui a totalement bouleversé la surface de la planète.

La planète Vénus — NASA/JPL

Des résultats qui ouvrent de nouvelles possibilités

Premièrement, même si une grande partie des scientifiques estiment que Vénus se situe au-delà de la zone habitable par rapport au Soleil, étant trop proche pour supporter de l’eau liquide, cette nouvelle étude suggère que cela pourrait finalement ne pas être le cas. Du moins, dans le passé. Rappelons que Vénus émet presque deux fois plus de rayonnement solaire que notre planète Terre. Pourtant, dans l’ensemble des scénarios que les chercheurs ont modélisés, Vénus avait toujours de quoi supporter des températures de surface acceptables pour le liquide.

Le scénario catastrophique qui a touché la planète Vénus se résumerait à un dégazage spectaculaire. Probablement liée à une activité volcanique exceptionnelle, les chercheurs penchent pour du magma, dans d’énormes quantités, qui ont libéré du dioxyde de carbone et des roches en fusion dans l’atmosphère de la planète. Puis, quand le magma s’est solidifié, cela a entraîné une certaine barrière empêchant les roches d’absorber le gaz. Le gaz à effet de serre était incontrôlable, et cela expliquerait notamment les 450° à la surface que nous trouvons aujourd’hui sur la planète Vénus.

Au sein même de notre planète, nous avons quelques exemples de dégazage à grande échelle, par exemple ceux en Sibérie il y a 500 millions d’années. Cependant, l’échelle n’était pas du tout la même, même si elle était liée à une extinction de masse. Les chercheurs ont avancé le besoin d’obtenir davantage de missions spatiales pour observer et étudier Vénus dans de meilleures conditions, avec des moyens plus récents. Pour savoir si la planète était réellement habitable pour l’Homme, il convient enfin de savoir si cet événement était isolé, ou si d’autres, plus mineurs, sont apparus avant… 

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