La variante génétique du coronavirus qui domine le monde aujourd’hui infecte les cellules humaines plus facilement que l’original apparu en Chine, selon cette nouvelle étude américaine.

Une modification légère mais impactante des protéines de surface du virus

Dans le cadre de ces travaux publiés dans la revue Cell, les expériences menées en laboratoire ont montré que la mutation actuelle infectait plus facilement les cellules humaines, ce qui la rendrait potentiellement plus contagieuse que la souche originelle. « Nous ne savons pas encore si une personne s’en sort moins bien avec elle ou non. Il semble simplement que le virus se réplique mieux et puisse être plus transmissible, mais nous en sommes toujours au stade d’essayer de le confirmer », a estimé Anthony Fauci, directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses.

Des chercheurs du Laboratoire national de Los Alamos au Nouveau-Mexique et de l’université de Duke en Caroline du Nord se sont associés au groupe de recherche COVID-19 Genomics UK de l’université de Sheffield pour analyser des échantillons de génome publiés sur GISAID, une ressource internationale pour le partage des séquences de génome. Et il s’est avéré que la variante actuelle, appelée « D614G », induisait une modification légère mais impactante des protéines pointues (ou spicules) se trouvant à la surface du virus, qui permettait à ce dernier d’infecter plus facilement les cellules humaines.

Proposée sur le serveur de prépublication bioRxiv, cette recherche avait été consultée plus de 200 000 fois. Mais l’assertion selon laquelle cette mutation rendait le virus « plus transmissible » avait été critiquée, en l’absence d’éléments démontrant que celle-ci était responsable du caractère dominant de cette souche à l’échelle mondiale. De nombreux scientifiques estimant qu’elle aurait pu bénéficier d’autres facteurs ou du hasard.

— Corona Borealis Studio / Shutterstock.com

La variante D614G est plus infectieuse mais pas nécessairement plus transmissible

À la demande des éditeurs de Cell, les chercheurs ont donc effectué des recherches supplémentaires, incluant l’analyse des données de 999 patients britanniques ayant été hospitalisés après avoir contracté le Covid-19, révélant que ceux qui présentaient la variante avaient plus de particules virales en eux sans que cela n’impacte la gravité de leur maladie. Entretemps, des analyses menées en laboratoire ont suggéré que la variante était trois à six fois plus susceptible d’infecter les cellules humaines, bien que tout cela reste dans le domaine du « probable », les expériences in vitro ne pouvant reproduire la dynamique réelle d’une pandémie.

Par conséquent, la conclusion la plus stricte de ces travaux reste que si la variante actuellement en circulation est plus infectieuse, elle n’est pas nécessairement plus transmissible.

« Bien que des recherches supplémentaires soient encore nécessaires afin de déterminer si cela va avoir un impact significatif sur le développement de traitements ou de vaccins, nous ne nous attendons pas à ce que D614G nous pousse à revoir nos mesures de restrictions ou n’aggrave les infections individuelles », estime Nathan Grubaugh, virologue à l’université de Yale, dans un article distinct.

« C’est une découverte intéressante qui touche potentiellement des millions de gens, mais dont nous ignorons encore l’impact final. Nous avons découvert ce virus il y a six mois, et nous apprendrons encore beaucoup de choses dans les six prochains mois », conclut le chercheur.

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