Alors qu’une véritable course contre la montre a été lancée afin d’identifier un vaccin efficace contre le Covid-19, des scientifiques américains viennent de concevoir un film à dissolution rapide remplaçant les vaccins traditionnels, qui ne nécessite pas d’être réfrigéré et peut être administré par voie orale.

Une avancée médicale majeure

Présentée dans la revue Science Advances, cette nouvelle approche présente de nombreux avantages : les ingrédients nécessaires pour fabriquer le film étant peu coûteux et le procédé relativement simple, sans parler de la taille réduite de doses de vaccin, qui pourraient être conditionnées et expédiées facilement. De ce fait, la démocratisation de ce moyen d’administration « sans aiguille et de longue conservation » pourrait améliorer considérablement l’accès mondial aux vaccins.

Cette approche innovante aurait été inspirée à Maria Croyle, chercheuse à l’université du Texas à Austin, par le visionnage d’un documentaire évoquant la façon dont l’ADN des insectes et d’autres êtres vivants pouvait être préservé pendant des millions d’années dans l’ambre. La chercheuse et ses collègues se sont alors mis en quête de développer une alternative aux vaccins classiques reposant sur un principe similaire, et après environ 450 essais, ceux-ci sont parvenus à trouver une formulation capable de préserver le virus et les bactéries dans un film à dissolution rapide.

Au fil de leurs essais, les chercheurs sont parvenus à simplifier le procédé et ont également modifié les ingrédients afin qu’ils sèchent plus rapidement. Il ne fallait ainsi pas plus d’une mâtinée pour qu’un lot de vaccins soit fabriqué et expédié.

Dans le cadre de leurs recherches visant à développer un vaccin contre Ebola, les chercheurs ont réhydraté des films vaccinaux fabriqués trois ans plus tôt, et ont constaté que plus de 95 % des virus qu’ils contenaient étaient encore actifs – © Maria Croyle/CC BY-ND

De nombreux avantages et une empreinte écologique très faible

L’ensemble des vaccins classiques perdent de leur efficacité avec le temps, sachant que la vitesse à laquelle ce phénomène se produit dépend principalement de la température à laquelle ils sont conservés. Sachant qu’il est quasiment impossible de conserver ces composés réfrigérés à température optimale dans certaines régions du monde, la mise au point d’un vaccin pouvant être stocké et transporté à température ambiante constitue une avancée majeure.

Sans parler du fait que l’empreinte écologique laissée par les campagnes mondiales de vaccination est largement sous-estimée. En 2004, la campagne de vaccination contre la rougeole mise en place aux Philippines, qui a permis de vacciner 18 millions d’enfants en un mois, a ainsi nécessité l’utilisation de 19,5 millions de seringues, et a généré 143 tonnes de déchets dangereux et 80 tonnes de déchets non dangereux (flacons vides, emballages de seringues, bouchons, cotons-tiges…).

En plus des nombreux avantages évoqués plus haut, le film vaccinal mis au point par les chercheurs américains présente l’intérêt de pouvoir être stocké dans un simple emballage plastique, et donc de générer une quantité minimale de déchets.

— Gorodenkoff / Shutterstock.com

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Depuis combien de temps administre-t-on le vaccin antipoliomyélitique par voie orale ?