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De nouvelles recherches font état de résultats positifs lors d’essais précliniques pour un vaccin générant des anticorps contre les molécules inflammatoires connues pour être à l’origine de l’asthme sévère.

Un composé prometteur

L’asthme est une maladie très hétérogène. Au-delà du traitement d’une poussée aiguë par des corticostéroïdes inhalés, la mise au point d’un traitement universel constitue un défi de taille. Une réponse caractéristique observée chez environ 50 % des patients asthmatiques est la production excessive dans les voies respiratoires de deux molécules inflammatoires, IL-4 et IL-13.

Bloquant la signalisation de ces deux molécules inflammatoires afin de réduire le taux de poussées d’asthme sévères et d’améliorer la fonction pulmonaire, le dupilumab est un traitement par anticorps monoclonal utilisé depuis quelques années pour les cas modérés à sévères de la maladie. Cependant, celui-ci souffre de plusieurs limitations en tant que thérapie à long terme : les traitements par anticorps monoclonaux sont notoirement coûteux (plusieurs milliers d’euros par dose) et nécessitent une posologie constante pour les maladies chroniques.

Publiée dans la revue Nature Communications, la nouvelle étude décrit le développement d’un vaccin expérimental « conjugué », liant un antigène faible à un antigène fort afin d’induire des anticorps contre l’antigène faible. Conçu pour inciter l’organisme à fabriquer ses propres anticorps contre les molécules IL-4 et IL-13, le composé couple ici les deux molécules IL avec une toxine non pathogène.

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Dans les cadre d’essais précliniques impliquant des modèles murins de l’asthme, les chercheurs ont démontré que le vaccin entraînait la production d’anticorps contre l’IL-4 et l’IL-13 jusqu’à un an après son administration, et réduisait également les symptômes de la maladie lors d’expériences de modélisation de poussées allergiques aiguës.

« Ces résultats ouvrent la voie au développement clinique d’un vaccin efficace à long terme contre l’asthme et d’autres maladies allergiques »

Bien qu’il existe des preuves cliniques que le dupilumab, qui bloque l’activité de l’IL-4 et de l’IL-13, peut être administré pendant une période allant jusqu’à deux ans, les chercheurs devront déterminer précisément le potentiel d’inhibition à long terme du vaccin sur les réponses immunitaires et s’assurer de sa sécurité avant de démarrer les tests à plus grande échelle sur l’Homme.

Si les essais cliniques ultérieurs s’avèrent sûrs et concluants, le composé pourrait permettre de traiter des millions de personnes souffrant d’asthme dans le monde. Servant à la fois de vaccin prophylactique pour l’asthme et de traitement thérapeutique, ce type de vaccin pourrait également s’avérer efficace contre de nombreuses autres maladies allergiques impliquant les mêmes molécules inflammatoires.

« La double vaccination pourrait protéger contre les caractéristiques clés de l’asthme chronique après des protocoles de vaccination prophylactique ou thérapeutique », soulignent les auteurs dans la nouvelle étude. « Ces résultats ouvrent la voie au développement clinique d’un vaccin efficace à long terme contre l’asthme et d’autres maladies allergiques médiées par l’IL-4 et l’IL-13, comme les allergies alimentaires, la dermatite atopique ou l’urticaire chronique. »

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