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Un drone à lame à 450 km/h fait le buzz, l’Ukraine en produit déjà à 1 000 dollars pièce

Samuel Cardillo a mis en ligne la vidéo en mars. D’abord un drone lancé à 450 km/h, puis une lame fixée au nez, enfin un mannequin lacéré au passage. Sa société ShadowBreak Intl parle pourtant de rupture. L’Ukraine, elle, abat déjà les drones Shahed-136 à mille dollars pièce.

Drone militaire moderne avec lame frontale volant à basse altitude au-dessus d’un terrain d’entraînement désertique
Drone à haute vitesse équipé d’une lame frontale, capturé en vol au-dessus d’un terrain de test réaliste, avec un rendu net et cinématographique – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Un drone à 450 km/h, une lame fixe, un mannequin lacéré sur la trajectoire

Samuel Cardillo, qui dirige la jeune société ShadowBreak Intl, a mis la séquence sur X dès le 19 mars 2026. L’engin vole à 450 km/h. Or il ne porte aucune ogive. Ainsi, une lame fixée au nez fait tout le travail à l’impact. Un mannequin humain, placé sur la trajectoire, finit par terre en lambeaux.

Cardillo appelle d’ailleurs son prototype Flying Sword. Le drone se pilote via un câble en fibre optique, immunisé contre le brouillage radio. Ses essais ont eu lieu dans l’État australien de Victoria. La batterie tient pour l’instant environ quatre minutes. ShadowBreak vise ensuite une autonomie de huit à quinze minutes.

Le dirigeant précise sur son compte que les discussions restent réservées aux partenaires autorisés. Une variante équipée d’un explosif arrive également. Aucun contrat public n’apparaît cependant pour l’instant.

Le P1-SUN ukrainien descend déjà les Shahed-136 par centaines, à 1 000 dollars l’unité

Le modèle P1-SUN, venu de la société ukrainienne Skyfall, vole à plus de 300 km/h. Il embarque notamment 800 grammes d’explosif. Surtout, son coût unitaire tourne autour de 1 000 dollars. En 2025, Skyfall en a produit environ 100 000 exemplaires. Au total, il revendique plus de 1 000 Shahed-136 neutralisés.

Ce concept ukrainien ne reste d’ailleurs pas isolé. Thales et MARSS ont présenté au salon BEDEX, en mars 2026, leur propre intercepteur cinétique. Il file à 360 km/h. Son nez renforcé au titane vise justement les drones Shahed russes. Côté américain, L3Harris industrialise aussi le système VAMPIRE, équipé de roquettes guidées APKWS.

Bref, le constat reste frappant. Le segment des intercepteurs cinétiques à 300-500 km/h compte déjà plusieurs acteurs opérationnels. Flying Sword arrive donc sur un marché loin d’être vierge.

Les brouilleurs russes saturent le ciel ukrainien et forcent le retour à l’impact brut

Le drone cinétique sans ogive ne sort pas de nulle part. En Ukraine, la Russie a en effet saturé le champ de bataille de brouilleurs GPS et radio. Désormais, certaines zones deviennent inaccessibles aux drones télécommandés sur un rayon de 24 kilomètres. Les forces ukrainiennes perdent ensuite environ 10 000 FPV par mois. Surtout, la moitié de ces pertes vient directement du brouillage électronique.

La parade ukrainienne passe alors par la fibre optique. Concrètement, le drone traîne derrière lui un câble qui remplace la radio. Autrement dit, le brouillage n’y peut rien. Mais le câble limite la portée opérationnelle à 10 ou 20 kilomètres.

Dans ce contexte, l’impact cinétique pur devient une option logique. Sans radio fiable, l’ogive télécommandée devient ingérable à distance. La masse lancée à 450 km/h règle le problème autrement. ShadowBreak s’inscrit ainsi dans cette logique, pas dans une rupture isolée.

Un mannequin n’est pas un test opérationnel, et ShadowBreak n’a encore rien abattu

D’abord, un mannequin statique n’a rien à voir avec une cible réelle. Les drones russes Shahed-136 volent en ligne droite, à vitesse modérée. Un avion de combat ou un hélicoptère, en revanche, manœuvre en permanence. Du coup, l’intercepteur cinétique à haute vitesse perd en précision contre ce genre de mobilité.

Ensuite, le pilotage FPV à 450 km/h, à basse altitude, réclame aussi une expertise rare. Certes, le discours marketing de Cardillo évoque une prise en main facile. Les pilotes FPV professionnels expliquent pourtant l’inverse.

Enfin, Robert Bunker dirige le centre de recherche C/O Futures. Il a prévenu la presse américaine qu’un tel engin « perforerait une aile » ou un cockpit d’avion commercial. Le scénario reste toutefois hypothétique. À ce jour, aucun cas ne figure dans les incidents aériens. Le P1-SUN, lui, totalise déjà plus de 1 000 drones abattus en Ukraine. Flying Sword, à l’inverse, doit encore en faire un seul.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

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