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Un char vieux de 2 600 ans, des armes et un banquet scellé : la tombe princière de Sirolo révèle tout un monde disparu

À Sirolo, dans les Marches, une sépulture picène du VIe siècle av. J.-C. livre un char à deux roues, des armes et des récipients encore fermés. Au-delà du mobilier funéraire, le site éclaire l’organisation du pouvoir dans l’Italie préromaine.

Un char funéraire antique partiellement dégagé dans une tombe princière picène découverte à Sirolo, en Italie.
Un char à deux roues repose encore dans la sépulture princière mise au jour à Sirolo. Cette découverte rare éclaire le pouvoir et les rites funéraires de l’Italie préromaine. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Un char déposé dans la tombe désigne un personnage placé au sommet de l’aristocratie picène

La sépulture masculine occupe le centre d’un vaste ensemble funéraire aménagé près de la nécropole des Pini, sur les pentes du mont Conero. Les archéologues y ont identifié les restes d’un currus, un char à deux roues probablement placé entier dans la fosse.

Ce véhicule n’était pas un simple moyen de transport. Dans les sociétés de l’Italie préromaine, sa présence dans une tombe signalait le rang princier du défunt. Un casque, une hache et plusieurs armes offensives complètent ce dispositif destiné à afficher son autorité.

D’autres objets sont encore en cours de restauration. Leur étude pourrait préciser les fonctions exercées par cet homme au VIe siècle av. J.-C. Les archéologues restent prudents, mais l’ensemble évoque un dirigeant dont le pouvoir reposait autant sur la guerre que sur des signes sociaux codifiés.

Des récipients toujours fermés conservent les restes matériels d’un banquet funéraire

De grands contenants en feuille de bronze ont été retrouvés près du char. Certains étaient encore scellés par des couvercles en céramique et remplis de matière organique, de fragments de poterie ainsi que d’ossements animaux.

Ces vestiges pourraient provenir du repas organisé lors des funérailles ou d’offrandes alimentaires destinées au mort. Les analyses devront départager ces hypothèses. Leur conservation fournit surtout une occasion rare d’étudier concrètement les rites funéraires picènes, au-delà des seuls objets de prestige.

Une palissade circulaire remplace le fossé habituellement observé autour des tombes picènes

L’organisation du monument constitue l’un des apports majeurs de la fouille. Les grands cercles funéraires connus dans le Picenum étaient généralement délimités par un fossé annulaire creusé en V. À Sirolo, les chercheurs n’ont retrouvé aucune structure de ce type.

La frontière du monument reposait sur une palissade circulaire, repérée grâce à une succession régulière de trous de poteaux. Au fond de plusieurs cavités apparaissaient de petits dépôts de fragments de céramique sélectionnés, probablement liés à la construction et à la consécration de l’espace.

Cette architecture permet d’observer la tombe comme un ensemble soigneusement mis en scène. Installé sur une légère hauteur dominant les environs, le cercle funéraire devait rester visible dans le paysage. Sa position renforçait ainsi la mémoire du défunt et la légitimité de son groupe familial.

Une tombe féminine et un guerrier découvert en 2020 complètent désormais le même ensemble aristocratique

À proximité de la tombe centrale, les fouilleurs ont dégagé une riche sépulture féminine. Des tissus, des éléments de chaussures et de nombreuses fibules étaient encore disposés autour du corps. Une grande fibule ornée d’ambre se trouvait au-delà de la tête, peut-être associée à une coiffure.

Le nouveau complexe replace également la tombe du guerrier découverte en 2020 dans un contexte plus large. Son casque, ses armes, sa cruche de tradition gréco-étrusque et son rare siège pliant appartenaient à un noyau funéraire hiérarchisé, organisé autour de la sépulture princière.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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