La vie sauvage en danger… Trump nomme des chasseurs pour la protéger

Vendredi 16 mars dernier, s’est tenue à Washington la première réunion du Wildlife Conservation Council, un organisme chargé d’assister le gouvernement sur les questions de préservation de la vie sauvage. Problème : de préservation de la vie sauvage, l’organisme n’en a que le nom.

DE PIRE EN PIRE

Concernant la protection de la vie sauvage, Donald Trump est très changeant et n’a de cesse de revenir sur ses décisions. D’abord défavorable aux restrictions décidées par son prédécesseur Barack Obama souhaitant l’interdiction d’importation des trophées de chasse, il avait ensuite changé d’avis en décrétant qu’il ne permettrait plus la chasse récréative en Afrique, la qualifiant d’horrible. Coup de théâtre en mars, son gouvernement avait, dans le plus grand secret, réautorisé l’importation de gros gibiers de six pays africains dont la Zambie et le Zimbabwe.

La récente création du Wildlife Conservation Council (WCC) est désormais un scandale de plus pour Donald Trump et un danger supplémentaire pour la vie sauvage. Logiquement chargé de la protection des animaux, le conseil est étrangement composé de personnes qui ne font que peu cas de la condition animale et de la protection des espèces en danger.

Autour de la table, seize membres, dont au moins dix font partie du Safari Club International, groupe qui a fait pression sur le gouvernement pour la réautorisation de l’importation des trophées de chasse. Il a également financé la campagne pour l’accès au congrès de Ryan Zinke, actuel ministre de l’intérieur, fondateur du conseil et grand chasseur de trophée.

 

PETITE PRÉSENTATION DES GÉNÉREUX MEMBRES

Quatre femmes sont assises à la table, la première Olivia Opre, personnalité de la télévision et ancienne miss America a reçu le prix du Safari Club de la meilleure chasseuse, co-produit l’émission Extreme Huntress (une compétition de chasse), se vante d’avoir tué des spécimens de 90 espèces d’animaux sur 6 continents différents et d’avoir ramené dans sa patrie 150 trophées de chasse.

Inutile de s’éterniser, passons à la suivante : Jenifer Chatfield, une vétérinaire de zoo, dont le père était accusé de détourner des animaux de son zoo pour les revendre à des ranchs privés, mais ne la jugeons pas sur ses antécédents familiaux. La famille Chatfield possède une propriété abritant 200 animaux sauvages dans des conditions insalubres et dangereuses, selon le ministère de l’Agriculture. Elle est en outre, accusée d’avoir mené d’horribles expériences sur des lémuriens dans un zoo dans lequel elle était soigneuse.

Passons aux hommes, Steven Chancellor, dirigeant du conseil, magnat du charbon, et chasseur émérite de mammifère africains, sa villa est connue pour abriter des centaines de trophées d’animaux sauvages. Peter Horn, ex-vice-président du fond International de conservation du Safari Club et vice-président du fabricant d’armes à feu Beretta, est également co-propriétaire d’une réserve de chasse privée dans l’état de New York avec Eric et Donald Trump. Erica Rhoad, directeur de la politique de chasse de la NRA, Camron Hanes, présentateur d’une émission de chasse et connu pour ses propos douteux “tuer des animaux comme des éléphants leur donne de la valeur”, déclarait-il récemment.

Poursuivons le florilège avec le président du Safari Club international, Paul Babaz, John Jackson, ancien président du groupe pro chasse, et quelques guides de chasse ayant une petite notoriété dans le milieu. Et pour finir en beauté, Chris Hudson, un homme responsable d’avoir mis aux enchères la possibilité de tirer sur un rhinocéros noir, espèce en danger critique d’extinction.

La liste n’est pas exhaustive, mais vous l’aurez compris les personnes nommées sont uniquement des guides de chasse, des représentants des fabricants d’armes à feu et de riches sportifs qui ont tous un point commun, leur passion dévorante pour les animaux sauvages exposés dans leurs salons. Avec de tels membres, le conseil promet d’être d’une impartialité exemplaire et d’œuvrer activement pour la préservation de la vie sauvage !


La première recette à l’origine du Coca-Cola était inspirée d’un vin français

— @DailyGeekShow