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Un groupe de scientifiques de l’Université nationale australienne a annoncé avoir été témoin pour la première fois d’un véritable cataclysme cosmique : un trou noir avalant une étoile à neutrons. Une découverte réalisée à l’aide de puissants détecteurs d’ondes gravitationnelles.

Un évènement cataclysmique

Les étoiles à neutrons et les trous noirs sont des restes incroyablement denses d’étoiles mortes. Il se trouve cependant que l’attraction gravitationnelle d’un trou noir est des milliers de fois supérieure à celle d’une étoile à neutrons, ce qui signifie que si ces deux entités venaient à entrer en collision, le trou noir sortirait vainqueur de cet « accident cosmique ». Le 14 août dernier, les détecteurs VIRGO (Italie) et LIGO (États-Unis) ont repéré pour la première fois les ondes gravitationnelles témoignant de cet évènement cataclysmique.

La collision s’est produite dans une galaxie lointaine, située à près d’un milliard d’années-lumière de la Terre, et les ondes gravitationnelles enregistrées ont permis d’estimer la masse de ces deux objets. Selon Susan Scott, auteure principale de l’étude : « Nous n’avons jamais détecté de trou noir inférieur à cinq masses solaires ni d’étoile à neutrons supérieure à environ 2,5 fois la masse de notre Soleil ». Cette découverte a été faite dans le cadre d’un projet ayant déjà permis d’observer la fusion de deux trous noirs et la collision de deux étoiles à neutrons.

99 % de chances qu’il s’agisse de la rencontre d’un trou noir et d’une étoile à neutrons

Scott a par ailleurs expliqué que le télescope SkyMapper, de l’Université nationale australienne, avait balayé l’ensemble de la région dans laquelle l’évènement avait été détecté, mais qu’aucune confirmation visuelle n’avait encore été trouvée. Comme l’a précisé la chercheuse : « Il y a environ 900 millions d’années, ce trou noir aurait littéralement dévoré une étoile très dense, connue sous le nom d’étoile à neutrons. Comme Pac-Man, il l’a probablement gobée instantanément. »

À l’heure actuelle, les chercheurs analysent toujours les données récoltées afin de confirmer la taille des deux objets, mais les premiers résultats indiquent à 99 % qu’il s’agissait bien de la rencontre entre un trou noir et une étoile à neutrons. Ce qui sous-entend qu’il existe une « infime mais intrigante possibilité » que l’entité avalée soit un trou noir « beaucoup plus léger que tout autre trou noir connu dans l’Univers ». Selon les astronomes australiens, si cette éventualité venait à se confirmer, elle constituerait « un incroyable prix de consolation ».

Les résultats définitifs de leurs observations devraient faire prochainement l’objet d’une publication dans une revue scientifique.

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