Image credit : Eliyahu Yanai / City of David

Des fouilles récemment effectuées dans la ville de Jérusalem ont pu confirmer, grâce à des preuves physiques et tangibles, que l’un des tremblements de terre les plus importants décrit dans l’Ancien Testament avait vraiment eu lieu. En effet, des ruines et d’autres potentiels dégâts de ce séisme datant du VIIIe siècle avant Jésus-Christ ont été mis au jour dans le quartier de Silwan, à l’est de Jérusalem.

L’évocation du tremblement de terre dans l’Ancien Testament

Ce tremblement de terre est évoqué à plusieurs reprises dans l’Ancien Testament, et notamment dans les livres d’Amos et de Zacharie. Il aurait eu lieu huit siècles avant la naissance de Jésus-Christ. Pour autant et malgré les dix siècles qui se sont écoulés, les traces de ce séisme restent intactes. En effet, des archéologues ont récemment trouvé des marques tangibles indiquant des dommages causés à des bâtiments et des poteries, probablement causés par un tremblement de terre ayant eu lieu à la même époque que celui décrit dans l’Ancien Testament. Il est important de noter, comme le rapporte Amanda Borschel-Dan du Times of Israel, que la plupart des récits bibliques parlent de ce tremblement de terre comme un événement de référence, que l’on utilisait pour situer les histoires dans le temps.

Dans l’Ancien Testament de la Bible, le premier verset du livre d’Amos révèle que les événements que le narrateur souhaite raconter ont eu lieu « deux ans avant le tremblement de terre, lorsque Ozias était roi de Juda », sachant que les historiens estiment que le roi Ozias a régné au milieu du VIIIe siècle. Quelques siècles plus tard, l’auteur du livre de Zacharie fait une prédiction et lance l’avertissement suivant : « Vous fuirez comme vous avez fui le tremblement de terre au temps d’Ozias, roi de Juda. »

Image credit : Eliyahu Yanai / City of David

Des preuves tangibles mises au jour dans Jérusalem

Ces fouilles dans Jérusalem, dirigées par l’Autorité israélienne des antiquités et la Fondation Ir David, ont permis de découvrir des ruines. La découverte de ces ruines corroborent les données déjà mises au jour ailleurs en Israël et dans les fonds marins de la mer Morte, qui elles aussi tendaient à prouver la réalité de ce tremblement de terre.

Les scientifiques ont dressé toutes les hypothèses possibles pouvant expliquer ces dégâts. La première qu’ils ont proposée est celle du feu, mais aucune preuve ne semble suggérer que la ville ait été brûlée à cette époque, et aucune cendre n’a été retrouvée. Il est également possible, et il s’agit de la deuxième hypothèse, que ces dégâts aient été le résultat d’un « traumatisme » isolé. Joe Uziel, archéologue à l’IAA, s’est exprimé à ce sujet : « Pour prouver qu’il ne s’agit pas d’un bâtiment qui a subi un traumatisme isolé, nous l’avons comparé à d’autres sites, à la fois à Jérusalem et à d’autres endroits où nous voyons également cette couche, afin de pouvoir faire le lien et dire qu’il ne s’agit pas d’un événement isolé mais plutôt de quelque chose de plus répandu. »

Image credit : Eliyahu Yanai / City of David

Un tremblement de terre à l’origine des dégâts, une hypothèse plus que plausible

L’hypothèse d’un tremblement de terre destructeur n’est vraiment pas à négliger. En effet, comme le relate Finkelstein, archéologue à l’université de Tel Aviv, au Times Israel : « Les tremblements de terre destructeurs à Jérusalem sont possibles, comme le montre le tremblement de terre bien enregistré de 1927. La première couche du livre d’Amos comprend des matériaux qui se rapportent au huitième siècle et il est donc possible qu’un tremblement de terre dévastateur ait laissé une forte impression et ait été enregistré. »

Finkelstein et ses collègues avaient également mené des fouilles, de leur côté, dans la ville antique de Megiddo. Cette ville se situe à environ 130 km au nord de Jérusalem. Eux aussi, à l’époque, avaient trouvé des preuves d’un tremblement de terre ayant eu lieu à une période similaire. Ruth Schuster avait mis en valeur le travail de l’équipe pour Haaretz en 2019, et cette équipe avait décrit « des murs et des piliers inclinés, des murs pliés et déformés, des pierres de construction fracturées, des sols plongeants, du sable liquéfié, des effondrements de briques de boue et des restes brûlés ».

Comment prouver que ces dégâts, ces ruines, datent du VIIIe siècle avant Jésus-Christ ? Les scientifiques ont utilisé le système de datation au carbone 14 sur de la matière organique pour trouver des preuves d’activité sismique dans la région de la mer Morte, et ce qu’ils ont obtenu montre que deux tremblements de terre majeurs ont eu lieu au huitième siècle avant Jésus-Christ, l’un entre 861 et 705 avant notre ère et l’autre entre 824 et 667 avant notre ère.

Wolfgang Zwickel, un spécialiste de l’Ancien Testament et professeur à l’université Johannes Gutenberg de Mayence, estime qu’il est possible que les deux événements aient été regroupés en un seul dans le récit historique, ou que le livre d’Amos ait fait référence à l’événement le plus destructeur. Dans tout les cas et selon un communiqué, les deux directeurs de fouilles et à l’origine de cette découverte, Joe Uziel et Ortal Kalaf, présenteront leurs conclusions au public à l’Institut Megalim de Jérusalem le 2 septembre prochain.

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cohen

ce tremblement de terre va-t-il ce reproduire comme il à été d’écrit aujourd’hui ? on fait référence à la prédiction du tremblement de terre qui verra re naître le troisième temple.