Luxembourg verra ses transports devenir gratuits dès l’année prochaine… La France est à la traîne

Alors qu’en France, la tendance ferroviaire est à la privatisation, le Luxembourg, fort d’un nouveau gouvernement depuis le mercredi 5 décembre, vient de prendre une mesure historique : la gratuité des transports en commun sur l’ensemble du pays.
Une première mondiale.

 

Une mesure qui répond à une urgence de désengorgement

Loin de la vague nationaliste qui submerge la France et ses pays voisins, le peuple luxembourgeois a élu le 5 décembre dernier, un gouvernement issu d’une coalition écologique. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les mesures ne se sont pas faites attendre : le Luxembourg est en bonne voie pour étendre la gratuité des transports en commun, déjà appliquée aux moins de 20 ans, à l’ensemble de ses 600 00 habitants. Une mesure que le gouvernement espère mettre en place d’ici 2020.

La mesure annoncée par le Premier Ministre du Luxembourg Xavier Bettel peut, à première vue semble déstabilisante, mais elle s’avère en fait plutôt logique au vu des chiffres : selon le ministère des Transports, il faut près de 491 millions d’euros pour faire fonctionner les transports publics luxembourgeois, contre une rentabilité de 40 millions d’euros. Selon le gouvernement, 17 % des trajets effectués au Luxembourg sont effectués en transports publics, mais il espère que l’initiative encouragera les habitants du Luxembourg à davantage emprunter les transports en commun.

Le but ? Limiter les émissions de CO2 dans le pays, tout en changeant la vie des Luxembourgeois, notamment ceux qui vivent dans la capitale. Il faut dire que la ville de Luxembourg s’est taillée une sacrée réputation en terme de circulation automobile : Cnews, l’aurait même désignée comme étant l’une » des villes les plus embouteillées du monde ». En moyenne, on considère qu’un automobiliste luxembourgeois aurait passé 33 heures dans un embouteillage durant l’année 2016.

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Un modèle attirant qui suscite des inquiétudes chez les travailleurs

Même si cette mesure révolutionnaire et avant-gardiste va sans doute arranger la population luxembourgeoise, tous ne sont pas séduits par cette mesure. C’est notamment le cas de Georges Merenz, président du premier syndicat des transports qui a déclaré « Tant que ce n’est pas clarifié, on ne peut pas accepter cela ».

En effet, cette mesure ne concernera pas les habitants des zones rurales, et pourrait surtout avoir des conséquences malheureuses dans le secteur ferroviaire, tout particulièrement pour l’emploi. Malgré la faible rentabilité globale du train, la vente des billets et le contrôle des titres de transport sont des vecteurs d’embauche dans le pays.

Des emplois que le syndicat entend bien préserver. Les conditions de mise en place de cette nouvelle mesure seront pour cela discutées le lundi 10 décembre entre ce syndicat et le ministre en charge de la Mobilité et des Travaux publics. Même si inédite à cette échelle, cette mesure est réfléchie et déjà mise en place à petite échelle dans certains pays du monde.En Estonie, par exemple, malgré des trains toujours payants, les bus sont d’ores et déjà gratuits dans 11 des 15 comtés estoniens.

Si la mesure a été discutée en France, tout particulièrement par Anne Hidalgo, la maire de Paris, qui souhaite réduire l’affluence des véhicules polluants dans la capitale, aucune annonce ou proposition officielle n’a encore été faite concernant une gratuité globale des transports. Seule la petite commune de Dunkerque a décidé d’innover à ce niveau : depuis le 1er septembre dernier, tous les bus de la ville sont gratuits.

Il ne reste plus qu’à espérer que le modèle luxembourgeois fonctionne, pour que cette initiative inspire ses voisins européens. En effet, les rejets de CO2 causés par l’utilisation de la voiture, combinés aux dégâts causés à l’environnement pour l’extraction de pétrole sont un véritable désastre environnemental. Dans notre société extrêmement mobile, réduire l’utilisation de la voiture restera un challenge, mais la nécessité d’une intervention politique claire se fait sentir : aujourd’hui, le seul moyen de réduire notre empreinte environnementale à échelle individuelle est de penser davantage collectivement.

Dans le domaine du déplacement, ce changement passera donc par une accessibilité facilitée aux transports en commun, en attendant que les progrès de la science ne proposent d’autres alternatives écologiques, et idéalement non polluantes, de leur conception à leur utilisation.

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