Un patient brésilien ayant contracté le VIH il y a plusieurs années et considéré aujourd’hui comme étant en rémission pourrait être le premier patient à être guéri de la maladie sans avoir eu besoin d’une greffe de moelle osseuse.

Un traitement antirétroviral intensif

Depuis le début de l’épidémie de sida dans les années 1980, seules deux personnes ont été débarrassées du VIH à long terme grâce à des greffes de cellules souches. Cependant, cette intervention s’avère complexe et risquée. De précédentes recherches ont en effet montré qu’elle pouvait rendre les patients plus vulnérables à l’infection, tandis que le risque de rejet reste important.

À l’occasion de la conférence AIDS 2020, une équipe de chercheurs de l’université fédérale de Sao Paulo a annoncé ce qui pourrait être le premier cas de rémission prolongée du VIH consécutif à un traitement uniquement composé de médicaments antirétroviraux. Diagnostiqué avec le virus de l’immunodéficience humaine il y a huit ans, l’homme aujourd’hui âgé de 36 ans ne montre plus de signe d’infection au virus depuis 19 mois.

Âgé de 34 ans au début de l’étude, l’homme faisait partie des 30 participants à un essai clinique étudiant différentes approches thérapeutiques dans l’espoir de trouver un éventuel remède au VIH. Au cours de l’essai, celui-ci s’est vu administrer un traitement antirétroviral « intensif », impliquant la prise de dolutégravir, de maraviroc et de nicotinamide (à raison de 2 doses quotidiennes de 500 mg) pendant 48 semaines.

Forme de vitamine B3, le nicotinamide est censé stimuler les cellules infectées pour « réveiller » le virus latent. Ainsi, lorsque ces dernières fabriquent un nouveau VIH, elles s’autodétruisent ou se montrent plus vulnérables à une attaque immunitaire.

― Franco Volpato / Shutterstock.com

Des charges virales « indétectables » plus d’un an après l’arrêt du traitement

Au cours de l’essai, l’ADN viral de chaque participant était mesuré régulièrement. Suite à l’interruption du traitement du patient en mars 2019, celui-ci a été surveillé toutes les trois semaines pendant 57 semaines, à l’issue desquelles les scientifiques brésiliens ont conclu que son ADN VIH total était « indétectable », tandis que son test de dépistage des anticorps anti-VIH restait négatif. Selon les analyses sanguines les plus récentes, celui-ci présente toujours « des charges virales indétectables ».

Toutefois, aussi prometteuse soit-elle, l’étude présente plusieurs limites. De tels résultats n’ayant été observés que chez un seul patient, des recherches supplémentaires seront en effet nécessaires afin de savoir si ceux-ci se produisent également chez d’autres patients suivant le même traitement, et un suivi étroit indispensable afin d’évaluer la durée durant laquelle la rémission pourrait se poursuivre.

« Bien qu’il s’agisse encore d’un cas isolé, il pourrait constituer la première rémission à long terme du VIH sans myéloablation/transplantation de cellules souches », écrivent les chercheurs. « D’autres analyses telles que la culture virale et le profil/détection séquentielle des anticorps du VIH sont en cours. »

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