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Dans le cadre d’un nouvel essai clinique, des scientifiques ont testé une thérapie prometteuse pour la sclérose en plaques. Impliquant des injections de cellules souches, celle-ci semble ralentir la progression de la maladie.

Utiliser des cellules souches pour traiter la sclérose en plaques

Chez les patients atteints de sclérose en plaques (SEP), le système immunitaire s’attaque par erreur à la myéline, le tissu qui enveloppe et protège les fibres nerveuses. Son endommagement progressif va perturber les signaux électriques qui circulent dans les nerfs, entraînant une réduction de la mobilité, de l’équilibre, des sensations et de la force musculaire.

La maladie débute généralement par une forme appelée SEP rémittente, avec des poussées de symptômes suivies de périodes de rémission plus ou moins longues. Au bout d’un certain temps, la maladie peut parfois évoluer vers un stade plus grave, appelé SEP progressive secondaire, où les symptômes perdurent et s’aggravent graduellement.

Des études récentes menées sur des rongeurs ayant suggéré que les traitements à base de cellules souches pouvaient contribuer à ralentir ou à stopper la progression vers cette seconde forme, une équipe de chercheurs de l’université du Colorado a mené un essai afin de confirmer l’innocuité d’une telle thérapie et d’obtenir un premier aperçu de ses effets chez l’Homme.

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Des cellules souches neurales provenant du tissu cérébral d’un fœtus avorté ont été cultivées et injectées directement dans le cerveau de 15 patients atteints d’une forme secondaire de SEP. Les doses variaient de 5, 10, 16 ou 24 millions de cellules souches, et les sujets ont été suivis mensuellement pendant un an.

Des résultats prometteurs

Si l’ensemble des patients présentaient initialement des niveaux élevés d’invalidité (beaucoup d’entre eux avaient besoin d’un fauteuil roulant pour se déplacer), aucun n’a vu ses symptômes physiques ou cognitifs s’aggraver au cours de la période de suivi. Ce qui suggère qu’une telle approche permette de stabiliser la maladie.

Dans un sous-ensemble de patients, l’équipe a examiné l’évolution du volume cérébral au fil du temps. Ceux ayant reçu des doses plus élevées de cellules souches présentaient des réductions plus faibles du volume cérébral, ce qui, selon les scientifiques, indique que le traitement atténue l’inflammation. L’analyse des métabolites et des lipides présents dans le liquide céphalo-rachidien des patients suggérant de son côté un effet protecteur des cellules souches sur les nerfs.

Selon les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Cell Stem Cell, au cours de l’essai, seuls des effets secondaires mineurs, temporaires ou réversibles ont été observés. L’innocuité de l’approche ayant été démontrée, la prochaine étape consistera à quantifier précisément ses effets protecteurs chez un éventail plus large de patients, à différents stades de la maladie.

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