Tiangong
― Alejo Miranda / Shutterstock.com

Tiangong, « palais céleste » en chinois, a fait parler d’elle cet été. En effet, la station spatiale chinoise s’est vue connectée avec son premier laboratoire. La Chine, exclue de l’ISS, tente depuis 2011 de faire de sa station spatiale nationale une concurrente de la station internationale. Retour sur son histoire.

Une station spatiale pour concurrencer l’ISS

La course à la conquête spatiale a connu, ces dernières années, un rebond. Amorcée dès les années 1970 avec la confrontation entre les États-Unis et l’URSS, la « guerre des étoiles » ne fait, probablement, que commencer. De nouveaux acteurs sont depuis apparus, et la coopération internationale semble la norme, avec la création de la Station spatiale internationale (ISS). Toutefois, un pays majeur ne fait pas partie de ce consortium : la Chine. En effet, l’ISS a été créée par les États-Unis, la Russie, le Canada, le Brésil, le Japon, la Corée du Sud, ainsi que onze États membres de l’Agence spatiale européenne.

Les États-Unis ont en effet émis des objections quant à une possible collaboration entre l’ISS et la Chine, et ont même voté une loi, en 2011, qui interdit à la NASA d’utiliser des fonds publics pour collaborer avec la Chine, sauf autorisation du Congrès et du FBI. 2011 correspond à l’année où la Chine a lancé sa première station spatiale, Tiangong-1, le 20 septembre. Elle mesure à peine plus de dix mètres de long et trois mètres de large, et pèse huit tonnes.

Elle est occupée brièvement par des taïkonautes (astronautes chinois), pendant 15 jours, en 2012. À bord du vaisseau Shanzhou amenant ces taïkonautes vers Tiangong-1, se trouve la première femme à exercer ce métier, Liu Yang. En 2013, une nouvelle mission est menée, l’équipage reste à bord de Tiangong une dizaine de jours.

ISS
ー Artsiom P / Shutterstock.com

Une station presque achevée

Le 25 juillet 2022, la station spatiale Tiangong (qui signifie « palais céleste ») accueille désormais Wentian, un nouveau module permettant à la station spatiale de créer de la place supplémentaire pour les taïkonautes, actuellement au nombre de trois, afin de permettre à ces derniers de vivre et travailler. Et cela n’a pas été une mince affaire, puisqu’il a fallu près de 13 heures à Wentian pour atteindre Tiangong. Le module, parti de la base de lancement de Wenchang, sur l’île de Hainan, à bord d’une fusée Longue Marche 5, a rejoint Tianhe, le premier module de Tiangong, installé en 2021.

2022 est l’année pendant laquelle la Chine souhaitait achever Tiangong. Cela sera très probablement réalisé dès octobre, avec le lancement du module Mengtian, jumeau de Wentian. Ce module sera, là aussi, un laboratoire, permettant aux trois taïkonautes présents (Cai Xuzhe, Chen Dong et Liu Yang), dont la mission se termine en décembre, de travailler dans la station spatiale achevée.

Tiangong est devenue le symbole de la volonté chinoise d’égaler les États-Unis dans cette nouvelle « guerre des étoiles » que se mènent les deux pays. Une fois qu’elle sera terminée, la station spatiale chinoise pèsera 66 tonnes, tandis que l’ISS en pèse 450. Tiangong fera donc un quart de la taille de la Station spatiale internationale.

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