The Handmaid’s Tale : la série d’anticipation glaçante qui débarque en France

La dernière série d’Hulu a fait fureur aux USA. Diffusée sur OCS, la terrible dystopie, adaptée de l’œuvre avant-gardiste de Margaret Atwood « La servante écarlate », arrive sur nos écrans le 27 juin. C’est LA série à ne pas manquer cet été.

Plongez au coeur de la république de Gilead

Un régime totalitaire où la femme n’est plus citoyenne et est dénuée de tous ses droits. C’est le fondement de la République de Gilead, qui a pris la place des États-Unis d’Amérique. Dans un monde où le taux de fertilité est au plus bas suite à une catastrophe écologique, un groupe de fanatiques religieux a pris le pouvoir et créé un régime totalitaire où les femmes sont réduites à leur capacité de reproduction. Elles sont catégorisées en trois groupes : les Épouses, qui dominent la maison, les Marthas, qui l’entretiennent et les Servantes, dont le rôle est la reproduction. The Handmaid’s tale est une dystopie à part entière qui nous glace le sang, tant elle s’ancre parfaitement dans notre monde moderne.

Dans ce futur sinistre, on suit le parcours d’Offred (traduit Defred en français, signifiant qu’elle est la propriété de « Fred »), une servante qui s’adapte à sa nouvelle vie de terreur chez les Waterford. On découvre, à travers son vécu, comment fonctionne la République de Gilead, qui n’a de république que le nom. Les femmes stériles, trop vieilles, lesbiennes, où qui tentent de se rebeller sont envoyées dans les Colonies pour nettoyer les déchets toxiques, et probablement mourir, ou alors elles sont pendues. Il est désormais impossible de sortir sans être accompagné. Les gardes de sécurité sont partout, tout le monde est observé. Il est impossible de se fier à qui que ce soit. Dans sa survie, Offred se remémore tous les évènements d’avant, qui lui paraissent parfois bien loin. Elle se raccroche à son unique raison de vivre, sa fille Hannah.

Une nouvelle adaptation engagée ancrée dans notre monde moderne

Avec The Handmaid’s Tale, la plateforme de VOD Hulu délivre une série de qualité et surtout engagée, de quoi rivaliser aisément avec son concurrent Netflix. The Handmaid’s Tale est l’adaptation du livre de Margaret Atwood, La Servante écarlate, publié en 1985. A l’époque, le roman de science-fiction est comparé à un 1984 féministe. Une première fois adapté en film en 1992, ces deux versions se veulent intemporelle. Dans cette nouvelle adaptation, Bruce Miller, showrunner de la série, a magnifiquement bien transposé l’histoire dans notre monde contemporain. Une adaptation d’autant plus glaçante car elle fait écho à notre propre actualité.

Chaque épisode alterne souvenirs de « l’ancien temps » et retour à la dure réalité pour les protagonistes. On découvre alors comment la République de Gilead s’est mise en place petit à petit, dans un monde comme le nôtre. « Rien n’arrive instantanément». Ces mots prononcés par l’héroïne résonne fort à nos oreilles, et encore plus dans un monde où les inégalités sont toujours présentes et nos droits parfois fragiles. Comme Rome ne s’est pas faite en un jour, le pouvoir totalitaire de Gilead a oeuvré dans l’ombre et s’est servi des fragilités engendrées par un monde en crise pour imposer ses lois. La série amène à nous interroger sur les libertés et la place des femmes dans notre société qui peuvent parfois paraitre pour acquis. On y découvre alors une institutionnalisation du viol effrayante qui paraît normale pour les habitants de Gilead.

Le livre d’anticipation de Margaret Atwood publié en 1985

Une réalisation forte qui nous glace le sang par son réalisme

Si les évènements de The Handmaid’s Tale nous choquent, voir nous mettent mal à l’aise, ils ne sont pas si éloignés de la réalité. En effet, Margaret Atwood s’est inspirée du réel pour écrire son œuvre. C’est en vivant à Berlin Ouest en 1984, que Margaret Atwood a trouvé son inspiration. Elle a pu observer les sentiments de méfiance qui pouvaient régner dans un pays sécuritaire. Afin de rendre son roman d’anticipation d’autant plus plausible, l’écrivaine s’était fixée une règle bien précise : « ne rien mettre dans le roman que les êtres humains n’ont pas réellement fait ».

Avec une réalisation impressionnante, les créateurs de la série transposent à merveille l’œuvre d’anticipation de Margaret Atwood. On se retrouve plongé dans le cauchemar des servantes écarlates. L’esthétique est poussé à son paroxysme et les créateurs nous délivrent des plans magnifiquement bien travaillés. Les décors sombres et aseptisés nous glacent déjà le sang et nous font rentrer un peu plus dans l’univers noir de la série. Et parce que la série inspire un réalisme fort, on est d’autant plus concerné et affecté par ce qui arrive à Offred et aux autres personnages.

Offred, joué par Elisabeth Moss, servante écarlate prisonnière de la république de Gilead

Un casting féminin de qualité au cœur du scénario

Encore plus ou moins inconnus, les acteurs de The Handmaid’s Tale nous livrent une performance impressionnante qui nous permet d’avoir une forte empathie envers les personnages et sublime le show. Dans le rôle principal d’Offred, on retrouve Elisabeth Moss qui, par sa prestation, porte magnifiquement bien la série. L’actrice avait déjà brillée par sa performance dans la série Mad Men. Certains reconnaîtront également Samira Wiley, la très remarquée Poussey dans Orange is the new black. Ici, elle joue le rôle de Moira, la meilleure amie forte et dynamique de Offred.

Mais dans The Handmaid’s Tale, les femmes peuvent être tout aussi dangereuses pour les autres femmes. On le découvre au travers des deux antagonistes joués par Yvonne Strahoski et Ann Dowd. Là encore, nous sommes face à une violence psychologique glaçante de la part de deux femmes qui tirent les ficelles de la République de Gilead. Là où cette société dystopique et totalitaire est d’autant plus saisissante, c’est qu’elle met les femmes au coeur de l’histoire sans les victimiser complètement, elles peuvent elles-mêmes être des bourreaux.

La série a heureusement été renouvelée pour une deuxième saison prévue pour 2018, qui s’annonce encore plus sombre que la première. Margaret Atwood sera d’ailleurs aux cotés de la production pour cette suite. Et si vous désirez lire le livre avant la série Emma Watson a caché plusieurs ouvrages de La servante écarlate dans Paris cette semaine ! Sinon, rendez-vous le 27 juin sur OCS pour découvrir la terrifiante République de Gilead.


Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté, doit commencer par leur garantir l’existence

— Léon Blum