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Si l’autisme et le TDAH sont de mieux en mieux compris, distinguer ces troubles s’avère encore relativement compliqué. Des chercheurs australiens affirment avoir identifié des biomarqueurs leur étant propres, à l’aide d’un test oculaire.

Des symptômes communs

Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est la plus courante des deux affections. Touchant 5 à 8 % des enfants (principalement des garçons) et persistant souvent à l’âge adulte, il s’accompagne d’un éventail relativement large de symptômes, incluant déficit d’attention, hyperactivité et impulsivité. Celui-ci est généralement traité à l’aide de médicaments psychostimulants comme le méthylphénidate (Ritaline) et la dexamphétamine.

Moins fréquemment diagnostiqués, les troubles du spectre autistique (TSA) touchent près de 1 % de la population. Il est beaucoup plus difficile de poser un diagnostic, car les symptômes et leur gravité varient davantage d’une personne à l’autre. Ceux-ci peuvent inclure des difficultés à interagir et communiquer, une attention démesurée aux détails et des réactions inhabituelles à certaines sensations. Les thérapies sont beaucoup plus axées sur l’adaptation.

Bien que ces deux types de troubles soient foncièrement différents, leurs symptômes peuvent parfois se chevaucher, compliquant le diagnostic et par extension l’orientation des patients vers les soins et traitements adaptés. Mais tout cela pourrait bientôt changer. Des chercheurs de l’université Flinders ont annoncé avoir identifié des biomarqueurs (sous la forme de signaux d’électrorétinogramme) permettant d’identifier les cas de TDAH et d’autisme, mais également de distinguer ces deux conditions.

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Un nouvel outil de diagnostic potentiel de troubles du spectre autistique et du TDAH

L‘électrorétinogramme (ERG) est un outil de diagnostic que les opticiens utilisent depuis les années 1940 pour identifier les troubles rétiniens. Des éclairs de lumière, ou certains motifs, sont projetés pendant qu’une électrode (prenant la forme d’une fine fibre ou d’une lentille) en contact avec la cornée du patient enregistre son activité rétinienne.

Détaillées dans la revue Frontiers in Neuroscience, les expériences réalisées ont impliqué 55 sujets atteints de TSA, 15 de TDAH et 156 individus témoins âgés de 3 à 27 ans, qui ont tous subi un tel examen. Celui-ci a permis la mise en évidence de différences significatives en ce qui concerne les niveaux d’énergie des ondes b et les potentiels oscillatoires. Avec des patients atteints de TDAH présentant des niveaux d’énergie ERG globaux plus élevés que ceux du groupe témoin, qui s’avéraient à l’inverse plus faibles chez les sujets atteints de TSA.

« Cette étude fournit des preuves préliminaires de changements neurophysiologiques permettant de différencier le TDAH et les TSA d’un développement typique, et montre également qu’il est possible de distinguer ces deux conditions sur la base des caractéristiques de l’ERG », soulignent ses auteurs. « Les signaux rétiniens étant générés par des nerfs spécifiques, identifier ces différences et les associer à des voies chimiques particulières permettrait potentiellement de diagnostiquer d’autres conditions neurodéveloppementales. »

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