Le marché du mini PC traverse une drôle de période : pénuries, prix qui grimpent, et des références qui disparaissent du jour au lendemain. Dans ce contexte, le GMKtec NucBox K17 arrive avec un pari clair : proposer une plateforme Lunar Lake compacte, taillée pour la bureautique exigeante et surtout pour l’IA, le tout sous la barre des 600 €. J’ai passé plusieurs jours avec la version 16 Go + 1 To, branchée sur mon poste de travail comme machine principale. Verdict : c’est un mini PC qui assume parfaitement ce qu’il est ni plus, ni moins et qui glisse une vraie carte « IA » dans son jeu.

Design et fabrication : du sérieux
Premier contact rassurant. Le châssis CNC en métal respire la solidité, avec une finition mate qui ne marque pas les traces de doigts. On reste sur le format NUC classique 127,5 × 127 × 44,5 mm pour 460 g et le support VESA fourni permet de le visser derrière un écran pour le faire disparaître totalement. La face avant regroupe le bouton d’alimentation, un bouton reset, le jack audio et une partie de la connectique ; tout le reste passe à l’arrière. Rien de tape-à-l’œil, mais un objet bien né, dont le niveau de finition n’a rien à envier à des machines plus chères.

Fiche technique du GMKtec NucBox K17
| Configuration testée : 16 Go + 1 To | |
| Processeur | Intel Core Ultra 5 226V (Lunar Lake), 8 cœurs / 8 threads (4P Lion Cove + 4E Skymont), jusqu’à 4,5 GHz, gravure TSMC N3B, 8 Mo de cache |
| iGPU | Intel Arc 130V, jusqu’à 1,85 GHz, ray tracing + XeSS, 53 TOPS |
| NPU | Intel AI Boost, 40 TOPS — total plateforme : 97 TOPS |
| Mémoire | 16 Go LPDDR5X 8533 MT/s, soudée (non extensible) |
| Stockage | SSD PCIe 4.0 M.2 2280 de 1 To + 2ᵉ slot M.2 PCIe Gen4 x2 — jusqu’à 16 To au total (slot principal compatible Gen5 x4). Pas de SATA. |
| Affichage | 2× HDMI 2.1 (4K@60 + 8K@60) + USB4 → triple écran, jusqu’à 8K |
| Connectique | 2× USB4 (40 Gbps, PD 100W, DP, eGPU), 1× USB-A 10 Gbps, 4× USB-A 5 Gbps, 1× USB 2.0, jack 3,5 mm, Kensington |
| Réseau | 2,5G Ethernet (Intel i226-V), Wi-Fi 6E (jusqu’à 2,4 Gbps), Bluetooth 5.2 |
| Refroidissement | Double caloduc cuivre + ventilateur turbine, double entrée d’air |
| Alimentation | Adaptateur externe 100 W (20V / 5A) |
| Modes de puissance | Silencieux 20 W · Équilibré 25 W · Performance 35 W (pic 37 W) |
| OS | Windows 11 Pro préinstallé |
| Dimensions / poids | 127,5 × 127 × 44,5 mm — 460 g |

Prise en main et installation
Rien à signaler côté démarrage : Windows 11 Pro est préinstallé, la première configuration prend quelques minutes et la licence est authentique. Le vrai intérêt se trouve sous le capot. En ouvrant le boîtier, on accède au second slot M.2 2280, laissé libre sur ma version : parfait pour ajouter un disque de données ou un second OS sans toucher au SSD système. Un conseil tiré de l’expérience : les antennes Wi-Fi sont fixées à la plaque inférieure, donc on ouvre le châssis avec délicatesse pour ne pas arracher les nappes. J’ai aussi testé un démarrage sous Ubuntu : tout le matériel est reconnu nativement Wi-Fi, Bluetooth, audio et l’interface est même remarquablement réactive. Pour qui veut une machine Linux compacte, c’est une excellente base.
Le K17 au quotidien : multi-écrans et fluidité
C’est là que la plateforme Lunar Lake fait des merveilles. Sur un setup à trois écrans (deux HDMI + l’USB4), j’enchaîne tableurs lourds, une vingtaine d’onglets, Slack, un appel visio et de la lecture 4K sur YouTube sans le moindre accroc, ni image perdue. La mémoire LPDDR5X à 8533 MT/s y est pour beaucoup : le multitâche reste parfaitement fluide. Pour de la bureautique avancée, de la navigation intensive et de la consommation multimédia, le GMKtec NucBox K17 se comporte comme une machine de bureau classique, en dix fois plus discret. La seule ombre au tableau reste ces 16 Go non extensibles : suffisants pour 95 % des usages, mais c’est un plafond qu’il faut accepter dès l’achat.



Performances : un Lunar Lake d’entrée de gamme bien né
Soyons clairs sur le positionnement : l’Intel Core Ultra 5 226V est la version la plus accessible de la gamme Lunar Lake, en dessous du Core Ultra 7 256V du K13. On vise donc l’efficience et la polyvalence, pas le multi-cœur brut. Et sur ce terrain, le contrat est rempli.
En jeu, l’iGPU Arc 130V tient ses promesses pour une partie graphique intégrée : sur Cyberpunk 2077 en 1080p détails bas, je relève entre 40 et 50 fps ; en descendant en 720p, les 60 fps deviennent atteignables. L’émulation tourne admirablement, jusqu’à la PlayStation 2 en pleine vitesse. Au 3DMark Time Spy, le score d’environ 3 458 points place le K17 dans le sillage d’une ancienne GTX 1060 honorable pour un GPU sans ventilateur dédié. Pour le montage vidéo, DaVinci Resolve gère sans broncher les coupes et transitions sur un projet 4K, mais cale dès qu’on empile effets complexes et étalonnage : sans eGPU, on reste sur du montage léger. Côté consommation, la puce se montre exemplaire : environ 5 W au repos et un pic autour de 48 W en charge.
Le K17 en machine dédiée à l’IA
C’est l’autre terrain de jeu du GMKtec NucBox K17, et sans doute le plus intéressant. Avec ses 97 TOPS cumulés (CPU, iGPU Arc 130V et surtout un NPU Intel AI Boost dédié de 40 TOPS), sa très faible consommation et son silence quasi total, il fait un excellent candidat au rôle de machine externe dédiée à l’IA : un petit nœud qu’on laisse allumé en permanence pour exécuter des modèles en local, héberger un assistant ou faire tourner un agent autonome l’écosystème OpenClaw / Z.AI intégré par GMKtec va d’ailleurs dans ce sens. Concrètement, on peut lui confier de l’inférence locale de petits et moyens modèles quantifiés (jusqu’à ~7-8B confortablement), de l’automatisation de tâches ou du traitement IA en arrière-plan, sans mobiliser une grosse station ni faire grimper la facture électrique. Seule limite à garder en tête : ses 16 Go de mémoire soudée plafonnent l’exercice pour faire tourner de gros LLM (type 70B), il faudra viser plus haut dans la gamme. Mais comme mini PC IA d’appoint, compact et toujours disponible, le K17 coche les bonnes cases.



Connectique et évolutivité : l’USB4 change tout
La dotation est généreuse pour le format. À l’avant, on trouve deux ports USB4 pleine fonction (40 Gbps) qui gèrent aussi bien le Thunderbolt, l’alimentation, la sortie vidéo que le branchement d’un eGPU accompagnés d’un USB-A 10 Gbps et d’un USB-A 5 Gbps. À l’arrière : trois USB-A 5 Gbps, un USB 2.0, deux HDMI et le 2,5G Ethernet. Ces deux USB4 sont la vraie pièce maîtresse : ils ouvrent la porte à un dock graphique externe pour transformer le K17 en station de jeu ou de création, à du stockage ultra-rapide, ou à un second écran haute définition. Couplés au second slot SSD, ils offrent une marge d’évolution rare sur un boîtier de cette taille à condition d’accepter que la RAM, elle, reste figée.

Silence et thermiques : la vraie bonne surprise
C’est peut-être le point le plus marquant de ce test. Même en charge soutenue, le ventilateur turbine reste à la limite de l’audible : un souffle léger, vite couvert par le bruit ambiant d’une pièce normale. En test de stress prolongé, la machine se stabilise autour de 59 °C avec un taux de stabilité proche de 99 %, signe d’un throttling quasi inexistant. Pour un usage bureau, salon ou home-studio, ce niveau de discrétion est un argument décisif.

Notre note pour le GMKtec NucBox K17
| Critère | Note |
| Design & fabrication | 8 / 10 |
| Performances (CPU / GPU / quotidien) | 7,5 / 10 |
| Intelligence artificielle (NPU + écosystème) | 8 / 10 |
| Connectique & évolutivité | 8,5 / 10 |
| Silence & thermiques | 9 / 10 |
| Rapport qualité-prix | 7 / 10 |
| NOTE GLOBALE | 8,0 / 10 |
Points forts et points faibles
| ✅ On a aimé Silence de fonctionnement bluffant Plateforme IA complète (97 TOPS, NPU 40 TOPS) Écosystème Z.AI / OpenClaw prêt à l’emploi USB4 polyvalent + eGPU possible Second slot SSD (jusqu’à 16 To) Excellente efficacité énergétique Compatibilité Linux exemplaire | ❌ On a moins aimé 16 Go de RAM soudés, non extensibles CPU d’entrée de gamme de la série Pas taillé pour les gros LLM en local Montage vidéo lourd limité sans eGPU. |
Verdict
Le GMKtec NucBox K17 ne cherche pas à être la machine la plus puissante du marché, et c’est précisément sa force : il fait exactement ce qu’on lui demande, en silence, avec une efficacité remarquable. Comme poste de bureautique multi-écrans, media center discret ou base Linux compacte, il coche toutes les cases. Mais son vrai supplément d’âme, c’est sa dimension IA : entre son NPU à 40 TOPS et son silence, il fait une excellente machine dédiée à l’IA, qu’on laisse tourner en permanence pour de l’inférence locale ou de l’automatisation. À condition d’accepter ses 16 Go figés et de ne pas en attendre les gros modèles, c’est l’un des mini PC les plus cohérents de sa catégorie. À 569,99 € sur le store officiel, il devient même franchement recommandable.
GMKtec NucBox K17 — 16 Go + 1 To