— Richard Whitcombe / Shutterstock.com

De nouvelles recherches ont estimé que les activités humaines avaient entraîné la perte de l’intégrité écologique de la quasi-totalité des habitats terrestres de la planète, y compris des zones précédemment classées comme intactes.

Une situation alarmante

L’intégrité écologique englobe trois mesures de l’état intact. L’intégrité de l’habitat détermine l’ampleur des changements apportés par l’Homme à la terre, celle de la faune le nombre d’espèces animales ayant disparu dans un habitat donné, et l’intégrité fonctionnelle la présence d’un nombre suffisant d’animaux d’une même espèce pour participer activement au maintien d’un écosystème sain.

« Actuellement, seules 2 à 3 % des terres de notre planète possèdent la même faune et la même flore qu’il y a 500 ans, à l’époque préindustrielle », a déclaré Andrew Plumptre, chercheur à l’université de Cambridge et auteur principal de la nouvelle étude. « La conservation d’écosystèmes intacts est essentielle au maintien de la biodiversité de notre planète et, par extension, des services que ces écosystèmes rendent à l’Homme », a de son côté souligné Kimberly Komatsu, du Smithsonian Environmental Research Center.

Dans le cadre de ces travaux présentés dans la revue Frontiers in Forests and Global Change, Plumptre et ses collègues ont combiné des statistiques sur les impacts anthropiques (industrie, chasse, introduction d’espèces invasives…) et la perte d’espèces animales provenant de diverses bases de données mondiales afin de dresser une cartographie détaillée de l’intégrité écologique de différentes régions du globe.

Carte montrant les zones du globe les plus touchées par les disparitions d’espèces depuis le 16e siècle — © A J Plumptre / Frontiers in Forests and Global Change Creative Commons

S’il s’est avéré que seuls 11 % des sites écologiquement intacts se trouvaient dans des zones protégées, les chercheurs ont constaté qu’une large part du pourcentage restant (incluant certaines parties du Sahara, de l’Amazonie et du nord du Canada) se trouvait dans des territoires gérés par des communautés autochtones, ayant joué un rôle essentiel dans le maintien de leur intégrité écologique.

Favoriser la réintroduction d’espèces pour assurer le rétablissement des habitats dégradés

Les auteurs de l’étude ont déterminé qu’en réintroduisant entre une et cinq espèces clefs différentes (incluant les grands mammifères) au sein des zones n’étant pas encore complètement dégradées, l’intégrité écologique pourrait être restaurée sur environ 20 % des terres de la planète.

« La décennie actuelle est souvent décrite comme celle de la restauration, en raison des efforts internationaux visant à assurer le rétablissement des habitats dégradés », a expliqué Plumptre. « Mais il est important de ne pas se focaliser uniquement sur la restauration de l’intégrité de l’habitat, étant donné que la faune qu’il abrite joue un rôle essentiel dans son maintien. »

Selon Komatsu, si la réintroduction d’espèces au sein d’habitats dégradés représente une tâche bien plus ardue que la protection d’écosystèmes actuellement intacts, ces sites représentent néanmoins une excellente occasion d’investir dans la conservation afin d’améliorer la santé de notre planète.

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