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Terre : la vie complexe pourrait perdurer 500 millions d’années de plus que prévu

Une résilience sous-estimée

Terre
— Dima Zel / Shutterstock.com

À mesure qu’il vieillit, le Soleil devient plus lumineux et se dilate. S’il cuira littéralement la Terre avant de l’engloutir, de nouvelles recherches suggèrent une vie complexe nettement plus résiliente que prévu.

Fin brûlante

Sur la base d’observations d’étoiles similaires à un stade plus avancé, le Soleil se transforme (très) lentement en géante rouge. Si ce scénario impliquera la vaporisation de notre planète dans environ cinq milliards d’années, elle deviendra inhabitable bien plus tôt. Concernant la vie complexe, il ne fait aucun doute que la biosphère végétale (plantes aquatiques et terrestres) sera la dernière à s’éteindre.

Son maintien dépendra essentiellement des niveaux atmosphériques de dioxyde de carbone, nécessaire à la photosynthèse.

« L’effet de serre s’apparente au thermostat de la Terre, qui permet le maintien de ses températures de surface dans une fourchette vivable », expliquent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue JGR Atmospheres. « Lorsque le mercure grimpe, le CO2 est stocké dans les roches, ce qui réduit sa concentration atmosphérique et permet à une partie de cette chaleur de s’échapper. »

À mesure que notre astre s’étend, les concentrations de ce gaz deviennent de ce fait le principal facteur limitant pour la végétation. Des travaux antérieurs avaient conclu qu’en dessous de 10 parties par million de CO2 atmosphérique, les plantes disparaîtraient et seuls les micro-organismes subsisteraient. Les modèles alors utilisés suggéraient le franchissement de ce seuil dans environ 1,35 milliard d’années.

CahekZ — Shutterstock.com

Une biosphère végétale toujours là dans 1,8 milliard d’années

S’appuyant sur un ensemble de paramètres plus complexe, les nouvelles simulations prennent en compte une forme de photosynthèse plus efficace connue sous le nom de métabolisme acide crassulacéen. Exploitée notamment par les cactus et les ananas, celle-ci permettrait d’abaisser la limite précédemment évoquée à 1 partie par million, offrant un répit de 500 millions d’années à la biosphère, qui disparaîtrait dans 1,8 milliard d’années.

Si de telles périodes se révèlent remarquablement abstraites à notre modeste échelle, l’évolution et la sélection naturelle permettraient d’allonger encore potentiellement leur survie. « Ces organismes disposeront de tout le temps nécessaire pour s’adapter au réchauffement progressif induit par l’expansion du Soleil », note Jacob Haqq-Misra, auteur principal de la nouvelle étude.

Globalement, ces nouvelles projections suggèrent que la biosphère complexe de notre planète n’en est chronologiquement qu’à ses débuts, et augmentent également la probabilité que nous puissions un jour détecter ses homologues sur d’autres mondes.

Précédemment, des chercheurs japonais avaient estimé que l’atmosphère terrestre pourrait perdre son oxygène en l’espace d’une dizaine de milliers d’années seulement.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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