Plusieurs millénaires après leur mort, les pharaons et leurs gigantesques tombeaux continuent de nous intriguer. Toutefois, de nouvelles méthodes scientifiques et technologiques pourraient nous aider à percer leurs mystères. Explications.

L’Égypte antique et ses secrets fascinent

L’exposition exceptionnelle sur les trésors de Toutankhamon a ouvert ses portes la semaine dernière à Paris. Il s’agit de la deuxième fois que ces antiquités voyagent en France. La première, c’était en 1967 au Petit Palais, et 1,2 million visiteurs s’étaient déplacés, un record de fréquentation qui tient encore aujourd’hui.

L’Égypte fascine, et plus particulièrement ses pyramides. Construite il y a 4 500 ans, celle de Khéops mesure 146 mètres et a été édifiée avec deux millions de blocs de pierres, dont certains pèsent plusieurs tonnes. Une question persiste, autant pour les scientifiques que pour les amateurs d’histoire : comment les Égyptiens ont pu bâtir de telles constructions en seulement une vingtaine d’années ?

Comment les nouvelles technologies pourraient nous aider ?

Mehdi Tayoubi est codirecteur de l’opération ScanPyramids. Avec son équipe, il utilise de nouvelles technologies pour percer les mystères des pyramides, et voir ce qui se cache à l’intérieur, sans pour autant les abîmer. La méthode s’appelle la muographie, “c’est voir à travers la matière comme avec les rayons X”, explique Tayoubi. Sauf que bien sûr, contrairement aux rayons X, la muographie n’est pas un danger pour les édifices.

La muographie utilise des muons, des particules élémentaires de charge électrique négative. Ils ont des particularités similaires aux électrons, mais une masse 207 fois plus grande. Lorsque les muons traversent de la matière, ils perdent leur énergie en fonction de la densité de matière en question. Plus il y a de matière, moins il y a de muons. C’est cette relation simple qui permet de déterminer la présence de lieux murés ou vides, à l’intérieur des pyramides. “On va placer les détecteurs de muons à différents endroits de la pyramide, et on va pouvoir scanner tout ce qui se trouve au-dessus”, explique Mehdi Tayoubi. 

Cette technique a pu évoluer avec le temps, notamment grâce à l’amélioration des détecteurs de muons. En 2016, l’équipe de ScanPyramids a utilisé trois types de détecteurs différents, deux japonais et un français, qui ont permis de “faire trois découvertes de structures de la pyramide de Khéops jusque-là inconnues”, précise Mehdi Tayoubi. Un couloir derrière la face Nord, la zone des chevrons de Khéops, et une cavité sur l’arête nord-est, à environ 110 mètres de hauteur au-dessus du sol, avaient ainsi été découverts. En 2017, c’est un immense vide à l’intérieur de la grande pyramide qui avait été révélé.

Quelles sont les limites de ces techniques ?

Les nouvelles technologies dites non-invasives, qui n’abîment pas les édifices, ont bien sûr des limites. Elles ne peuvent pas pour l’instant explorer véritablement les lieux. Le CNRS a donc rejoint l’équipe de ScanPyramids, et s’applique à trouver de nouveaux moyens d’exploration robotique. Ceux-ci permettront d’aller plus loin dans la recherche.

Plusieurs robots ont déjà été imaginés, tel qu’un robot gonflable, qui serait capable de rentrer dans des cavités très étroites, puis de se déployer une fois entré. « Plusieurs prototypes ont été réalisés, notamment un robot quasi opérationnel qui peut entrer dans un trou d’à peu près 3,5 cm, éclairer la zone qui va se trouver derrière, avec des têtes amovibles qu’on peut remplacer soit par des caméras, par des appareils photo, décrit-il. On peut l’imaginer transporter des mini-drones », décrit Tayoubi.

Une seule découverte, même minime, constituerait une véritable réussite pour les chercheurs. Les incompréhensions et mystères sont encore nombreux et de nouvelles révélations permettraient d’alimenter les théories sur la construction des pyramides, toujours si exceptionnelles, même 4 500 ans après. Pensez-vous que les technologies nous aideront à découvrir les secrets des pyramides ?

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teozAménis KhaldiMichel Auteurs de commentaires récents
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Michel
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Michel

Bonjour Aménis Khaldi,
Vous écrivez: « Les nouvelles technologies dites “invasives”, qui n’abîment pas les édifices, ont bien sûr des limite ».
Ces technologies sont non-invasives. La dynamite est un exemple de technologie « invasive ». Je vous invite donc à rectifier.
Merci