Sous l’objectif de Vladimir, la région de Tchernobyl dévoile un paysage aux limites du surnaturel

À l’évocation de Tchernobyl, il est difficile de ne pas penser à la catastrophe nucléaire survenue dans les années 80. Cependant, au-delà de la centrale se trouve une ville qui a été transformée par l’explosion. C’est cette ville que Vladimir Migutin, un photographe, a immortalisée dans des clichés puissants montrant l’intensité de l’impact mais aussi la reconquête de ces terres par Mère Nature. 

Lieu chargé d’histoire et encore effrayant dans l’esprit de beaucoup de personnes à cause des radiations, Tchernobyl a marqué les esprits. La catastrophe nucléaire qui y est survenue en 1986 a laissé une empreinte indélébile sur la ville de Pripyat. Cette petite ville située à 3 kilomètres de la centrale a subi de plein fouet l’explosion et ce qu’il en reste aujourd’hui semble figé dans le temps, dans une atmosphère à la fois troublante et puissante. C’est ce décor atypique qu’a choisi d’immortaliser Vladimir Migutin, un photographe biélorusse. Mais pour donner encore plus de force à ce lieu, il a opté pour une technique insolite : la capture infrarouge.

Pour réaliser ces clichés infrarouges et UV, Vladimir a retiré le filtre hot-mirror de son appareil. Ce filtre permet en temps normal de bloquer les longueurs d’onde IR et UV. Il a ensuite placé devant son objectif des filtres spéciaux qui donnent à l’image des nuances particulières et un aspect presque mystique aux photos. Grâce à cette manœuvre, les prises de vues qu’il a pu réaliser sur le site dégagent une ambiance unique dans lequel on se perd comme dans une ville fantôme. Une ville qu’il voulait découvrir depuis qu’il est jeune et qu’il a eu la chance de parcourir.

« C’est assez difficile de décrire l’atmosphère que j’ai eu durant ce voyage, mais c’est comme si j’étais dans un » paradis « . Nous entendons toujours les éloges de la puissance de mère nature, de sa manière de rendre inutiles les créations des hommes et d’amener la vie au-dessus des ruines. Eh bien, c’est quelque chose qui est toujours ressenti, mais jamais à une échelle aussi grande. Trente ans après les retombées, alors que les hommes sont encore loin, les forêts, les animaux, les plantes, on a l’impression que tout prospère, ravivé par la nature. Cela peut paraître un peu pathétique, mais je le ressens vraiment comme ça. »

Avec cette vision de Pripyat en infrarouge, Vladimir donne une touche presque magique à cette ville fantôme. Toujours empreinte de la vie qu’elle a accueillie, la ville dans ces photos offre une autre dimension. Même s’il s’en dégage un aspect parfois effrayant, chaque cliché retranscrit la puissance de l’événement et montre que la vie y a repris ses droits malgré les a priori que certains peuvent avoir sur les radiations. Pour découvrir d’autres incroyables photos de Vladimir, n’hésitez pas à vous rendre sur son compte Instagram.


Il reste toujours quelque chose de l’enfance, toujours…

— Marguerite Duras