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Alors que la commission avait voté une taxation sur la charcuterie contenant des additifs nitrés il y a une semaine, cette dernière n’a pas été retenue lors de la séance du jeudi 24 octobre à l’Assemblée nationale.

Cette demande faisait l’objet d’un amendement au sujet du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) visant à instaurer une taxe de 0,10 centime d’euro par kilogramme sur les charcuteries composées d’additifs nitrés, notamment le nitrite, le nitrate ou le sel nitrité. Ces additifs sont souvent présents dans le jambon. Ils lui donnent sa couleur rose et visent à prolonger le temps de conservation.

Olivier Véran, rapporteur de La République en marche (LREM), était relativement réservé concernant l’adoption de cet amendement. Malgré cela, il a tout de même était voté par la commission. « Au-delà de la question du sel nitrité, cet amendement porte sur le bien-manger français » et le jambon est bien souvent considéré comme de la malbouffe et serait cancérogène, explique le député Richard Ramos.

« Pour l’Agence européenne de la sécurité alimentaire, il n’y a pas d’association entre l’ingestion de nitrates et la survenue de la plupart des cancers. L’effet néfaste serait dû à la transformation des nitrates en nitrites, mais cette conversion dans l’organisme humain est très variable et insuffisamment documentée », a expliqué la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui juge cet amendement pour le moment incompétent. Elle a également précisé que la taxe évoquée serait trop basse pour que les résultats soit efficaces pour réduire la consommation de ces aliments.

Face à cette décision de l’Assemblée nationale, Richard Ramos s’est soulevé en faisant pression sur l’audience afin de montrer l’urgence des conséquences de la consommation de charcuteries composées de nitrites : « Ce vote passera ou ne passera pas, mais il restera sur la conscience des députés. » Ce à quoi Annie Genevard (Les Républicains), vice-présidente de l’Assemblée, a répondu de manière ironique et illustrant bien la décision finale prise : « On ne va pas s’échauffer pour un jambon coquillettes… qui est d’ailleurs très bon. »

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