— Herschel Hoffmeyer / Shutterstock.com

De récentes analyses ont suggéré que les fossiles découverts jusqu’à présent et attribués au roi des dinosaures pourraient appartenir à trois espèces distinctes, mais étroitement liées, du Crétacé supérieur.

T. imperator, T. rex et T. regina

Les paléontologues discutent de la possible existence de plusieurs espèces de T. rex depuis des décennies. En raison du vaste habitat de ce prédateur redoutable, qui s’étendait de l’ouest du Canada au Nouveau-Mexique, et compte tenu de la longue période (plus d’un million d’années) durant laquelle il a été amené à arpenter ces régions, il est en effet possible que différentes populations se soient séparées et aient formé des espèces distinctes.

Si des analyses avaient précédemment mis en évidence des variations entre les différents fossiles attribués au roi des dinosaures, de nouveaux travaux publiés dans la revue Evolutionary Biology estiment que ceux-ci pourraient être divisés en trois groupes différents, en fonction de l’épaisseur des os et de certaines caractéristiques dentaires.

L’équipe de recherche dirigée par le paléontologue indépendant Gregory Paul a étudié les fémurs et les dents de la mâchoire inférieure de 37 squelettes de Tyrannosaurus rex, majoritairement issus de la formation géologique de Hell Creek, dans le Montana.

Trouvés dans les couches sédimentaires les plus anciennes, les membres du premier groupe supposé, baptisé T. imperator, possédaient des os massifs et deux fines incisives, quand les mâchoires des deux plus récents n’en présentaient qu’une. Pour distinguer ces derniers, les auteurs de l’étude se sont appuyés sur la densité de leurs fémurs, s’avérant robustes chez le T. rex et graciles chez T. regina.

Des travaux contestés

Selon Jingmai O’Connor, du Field Museum de Chicago, les proportions des fémurs des trois espèces proposées ont tendance à se chevaucher, tout comme les périodes auxquelles les trois groupes de dinosaures étaient censés vivre. Ce qui suggère un spectre continu de changements, que Paul et son équipe ont arbitrairement divisé en trois espèces.

« Il est tentant de diviser le T. rex en différentes espèces, car il existe une certaine variation dans les os fossilisés dont nous disposons », commente Steve Brusatte, paléontologue à l’université d’Édimbourg. « Mais il s’agit en fin de compte de différences extrêmement mineures n’indiquant pas une séparation biologique significative. »

Si l’étude minutieuse d’un plus grand nombre de fossiles s’avèrera nécessaire pour pouvoir mettre définitivement un terme au débat, il pourrait s’écouler plusieurs décennies avant qu’un nombre suffisant de spécimens ne puisse être rassemblé et étudié.

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