Contrairement aux idées reçues, les femmes souffrant d’un infarctus ne présentent pas nécessairement les mêmes symptômes que les hommes. Plus discrets et moins bien dépistés, ceux-ci débouchent souvent sur une prise en charge tardive, aux conséquences terribles pour les victimes. Explications.

L’infarctus se révèle bien plus mortel pour les femmes

L’infarctus du myocarde caractérise la destruction d’une partie du cœur causée par l’obstruction brutale d’une artère coronaire l’alimentant normalement en sang et en oxygène. Cette privation d’oxygène va entraîner la mort rapide des cellules du myocarde, et il est indispensable de désobstruer rapidement l’artère afin d’éviter des complications potentiellement mortelles. Souvent présentée comme une maladie cardiovasculaire touchant principalement les hommes fumeurs ou sédentaires âgés de 50 ans ou plus, celle-ci se révèle en réalité beaucoup plus mortelle pour les femmes.

Habituellement, les signes avant-coureurs les plus évidents d’un infarctus se résument à une douleur violente ressentie au niveau de la poitrine et/ou dans le bras gauche, une sensation d’étau qui se resserre ainsi que des vertiges. Mais bien que ces signes « classiques » doivent alerter, il se trouve que les femmes sont souvent sujettes à des symptômes beaucoup plus communs, pouvant de ce fait passer inaperçus. Comme l’explique la Fédération française de cardiologie (FFC) : « Dans près de la moitié des cas, ils se manifestent par des symptômes méconnus des femmes, ce qui réduit leurs chances d’être prises en charge à temps ».

Les symptômes qui doivent absolument vous alerter

Plus classique chez l’homme, le fait de ressentir une douleur au thorax est beaucoup plus rare chez la femme, qui ressentira plutôt un essoufflement ou des palpitations à l’effort ou même au repos, des nausées, des vomissements, des sueurs, des douleurs au niveau de l’estomac ou une fatigue persistante. Toujours selon la FFC : « La plupart du temps, les femmes négligent ces manifestations, qu’elles associent à tort au stress, à la fatigue ou a des problèmes digestifs ». Il se trouve que l’infarctus les frappe également beaucoup plus tôt, puisque ces 20 dernières années, le nombre de cas constatés chez les femmes de moins de 50 ans a triplé.

En dépit de cette hausse, les femmes sont à l’heure actuelle moins bien dépistées que les hommes et donc soignées plus tardivement. Ces diagnostics tardifs conduisent à un retard de prise en charge thérapeutique aux conséquences terribles, étant donné qu’elles se remettent plus difficilement des infarctus que les hommes pour des raisons physiologiques (artères plus fragiles et donc plus difficiles à revasculariser). Celles-ci ont également davantage de risques de décéder des suites d’un infarctus ou de refaire un accident cardiovasculaire dans l’année qui suit, et sont moins nombreuses à suivre des programmes de réadaptation cardiovasculaire.

Une bonne hygiène de vie et le fait de limiter les facteurs de risque (tabac, association de la cigarette et de la pilule contraceptive, stress, sédentarité, diabète, cholestérol, hypertension…) restent les meilleures protections contre l’infarctus du myocarde.

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