Vous avez toujours rêvé de tuer Superman ou Wolverine ? DC et Marvel l’ont déjà fait pour vous

Dans leurs histoires, la plupart des super-héros paraissent véritablement immortels, que ce soit grâce à leurs super-pouvoirs, ou tout simplement parce qu’ils sont tellement iconiques qu’on n’imagine pas qu’ils puissent mourir. Pourtant, c’est un fait, les super-héros meurent bien un jour. On revient avec vous sur ces morts héroïques qui ont marqué l’univers des comics et l’industrie de la bande dessinée américaine.

 

C’est arrivé en octobre 2014 : Wolverine est mort. Le mutant aux griffes d’adamantium s’est éteint à l’occasion d’un épisode spécial du comics lui étant spécifiquement dédié, paix à son âme. Si pour ne pas spoiler nous allons taire les circonstances exactes de son décès (et, sans surprise, le personnage revient par la suite), le fait est que la mort du plus emblématique des membres des X-Men semble hautement improbable. Tout d’abord, comment Wolverine, l’homme réputé immortel grâce à son « facteur guérisseur », peut-il techniquement être tué ? Un petit virus extraterrestre et ça y est, Wolverine se retrouve aussi fragile qu’un être humain normal et peut mourir comme tout le monde. Tout cela c’est bien beau, mais quel est l’intérêt, pour l’éditeur, de faire mourir un personnage bankable ?

 

La mort de Wolverine personnifiée : 

wolverine-death

 

C’est à partir des années 1970 que les éditeurs de comics ont commencé à fortement capitaliser sur les évènements marquants ayant lieu dans les séries de leurs personnages emblématiques. Dans les comics, on trouvait alors des mariages ou des naissances par exemple. Et quoi de mieux que ces unions (et leur fruit) soient la rencontre de deux super-héros ou d’un super-héros avec un personnage marquant de son univers ? En effet, l’impact de ces évènements était d’autant plus marquant lorsqu’ils concernaient des personnages aimés des lecteurs (et comme en général ce sont pour leurs super-héros que ces comics sont lus, il n’y a pas beaucoup de suspense sur l’identité de ces personnages aimés). Tout cela est très bien et prenant, mais rien ne vaut autant de frissons que la mort d’un héros bien-aimé.

 

Certes, les super-héros ne restent jamais morts très longtemps : parfois il s’avère qu’ils n’étaient pas vraiment morts, et enfin même lorsqu’ils ont réellement cessé de vivre, c’est l’occasion de reprendre leur histoire à zéro avec de nouvelles bases. L’intérêt éditorial d’une telle stratégie a sauté aux yeux du grand public avec la mort de Superman en 1992. Bien sûr, DC avait annoncé en amont la mort du plus emblématique des super-héros, et les médias généralistes ont relayé la nouvelle. Résultat : même ceux qui n’étaient pas lecteurs de comics en temps normal ont voulu acquérir le comics dans lequel le personnage invincible entré dans la culture populaire devait mourir. Du coup, en une semaine, le numéro spécial comportant la mort de Superman a engrangé 30 millions de dollars de recettes, soit un démarrage aussi spectaculaire qu’un blockbuster.

 

La fin de Superman : 

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Depuis, Superman est revenu à la vie, rebooté par DC, et de nombreux super-héros ont eux aussi connu la mort au cours des années 1990, notamment bon nombre de membres des X-Men, comme Jean Grey (morte plusieurs fois d’ailleurs par le truchement de voyages dans le temps), Colossus ou encore la très populaire Kitty Pryde. Ces décès n’ont cependant pas arrêté la série X-Men et ont plutôt tenu du « simple » épisode. Pourtant, tuer un personnage et rebooter sa série peut présenter une stratégie éditoriale très convaincante : en 2012, 20 ans après que DC a tué Superman, Marvel remettait le couvert en tuant son super-héros le plus emblématique, à savoir Spider-Man. Peter Parker mourrait définitivement, mais c’était pour que le personnage puisse repartir à zéro, avec gros succès en librairie à la clef : de 75 000 numéros de l’ancien Spider-Man vendus par semaine en moyenne, les ventes ont bondi à plus de 530 000 exemplaires écoulés à la sortie du premier épisode rebooté. Il semblerait que la mort d’un super-héros et son retour à zéro soit une stratégie payante, en plus d’être prenante pour le lecteur.

 

Les morts de Superman ou de Wolverine sont vraiment marquantes car on pensait qu’elles ne pouvaient simplement pas avoir lieu. Certes, DC et Marvel ne laissent jamais leurs héros morts bien longtemps et ramènent ensuite leurs séries emblématiques à la vie, mais ces décès sont tout de même étonnants et révèlent que les super-héros gardent malgré tout un côté très humain. Lequel de ces décès vous a le plus marqué ?


Il faudrait convaincre les hommes du bonheur qu’ils ignorent, lors même qu’ils en jouissent

— Montesquieu