— Vitalii Matokha / Shutterstock.com

De nouvelles recherches suggèrent que l’érosion de deux chaînes montagneuses s’étant élevées durant la formation des supercontinents aurait directement contribué à l’émergence de différents types d’organismes.

Des reliefs monstrueux

Dan le cadre de travaux publiés dans la revue Earth and Planetary Science Letters, Ziyi Zhu et ses collègues de l’université nationale australienne ont étudié la formation des anciennes super-montagnes tout au long de l’histoire terrestre en utilisant des traces de zircons à faible teneur en lutécium, une combinaison que l’on ne trouve qu’à la base des hautes montagnes, où de tels minéraux se forment sous une pression intense.

Il s’est avéré que la première chaîne montagneuse était apparue il y a entre 2 et 1,8 milliard d’années et la seconde il y a 650 à 500 millions d’années, respectivement lors de la formation du supercontinent Nuna et du Gondwana.

« Il n’y a rien de comparable aujourd’hui en termes d’échelle, il faut imaginer l’Himalaya, long de 2 400 km, répété trois ou quatre fois », détaille Zhu. « La formation de la super-montagne Nuna coïncide avec l’apparition probable des eucaryotes, ayant par la suite donné naissance aux plantes et aux animaux, tandis que celle du relief transgondwanien correspond à celle des premiers grands animaux il y a 575 millions d’années et l’explosion cambrienne, lorsque la plupart des groupes d’animaux sont apparus. »

La chaîne de l’Himalaya vue depuis l’espace — © Don Pettit / NASA

« Le fait que l’ensemble de l’enregistrement de la formation des montagnes à travers le temps soit si clair est stupéfiant », estime Jochen Brocks, co-auteur de l’étude. « Il montre ces deux énormes pics, l’un lié à l’émergence des grandes cellules complexes et l’autre à celle des animaux. »

« L’atmosphère de la Terre primitive ne contenait presque pas d’oxygène »

Lorsque ces super-montagnes se sont érodées, elles ont fourni des nutriments essentiels comme le phosphore et le fer aux océans, stimulant ainsi les cycles biologiques et poussant l’évolution vers une plus grande complexité. Celles-ci auraient également engendré une augmentation des niveaux d’oxygène dans l’atmosphère, nécessaire à la respiration des formes de vie complexes.

« L’atmosphère de la Terre primitive ne contenait presque pas d’oxygène », explique Zhu. « On pense que les niveaux d’oxygène atmosphérique ont augmenté en une série d’étapes, dont deux coïncident avec les super-montagnes. L’augmentation de l’oxygène atmosphérique associée à l’érosion de la super-montagne transgondwanienne est la plus importante de l’histoire terrestre et a été une condition préalable essentielle à l’apparition des animaux. »

Vers une meilleure compréhension de l’évolution de la vie précoce et complexe

Selon les chercheurs, le fait qu’il n’existe pas de preuves de la formation d’autres super-montagnes entre ces deux événements renforce l’idée que ces deux chaînes monstrueuses soient étroitement liées à la vie sur Terre.

« L’intervalle de temps entre 1,8 milliard et 800 millions d’années est connu sous le nom de ‘milliard ennuyeux’ car l’évolution n’a pas ou peu progressé, et nous attribuons ce ralentissement à l’absence de super-montagnes pendant cette période, ayant réduit l’apport de nutriments aux océans », détaille Ian Campbell, également co-auteur de l’étude. « De tels travaux nous donnent des repères qui vont contribuer à améliorer notre compréhension de l’évolution de la vie précoce et complexe. »

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