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Une récente étude a montré que les gorilles soutiennent considérablement les petits qui ont perdu leur mère. Un beau geste d’union leur offrant alors des chances de survie similaires à ceux ayant toujours leur génitrice. Explications.

L’impact de la perte d’une mère pour les petits gorilles

Les scientifiques du Dian Fossey Gorilla Fund, organisation fondée en 1978 par Dian Fossey, primatologue américaine, et mobilisée pour la conservation des gorilles de montagne, ont réalisé une récente analyse. Des chercheurs ont étudié une base de données collectées par l’ONG depuis plus de 50 ans. Ils se sont concentrés sur les jeunes gorilles et l’impact que peut avoir la perte de leur mère sur leurs relations, leur survie et leur reproduction. Les résultats publiés en septembre 2020 sur bioRxiv ont montré que le groupe est essentiel pour le développement des jeunes, notamment pour ceux qui deviennent orphelins. 

Les mères sont incroyablement importantes pour la survie au début de la vie – c’est une chose que tous les mammifères partagent. Mais chez les mammifères sociaux, comme nous, les mères continuent souvent de fournir un soutien vital jusqu’à l’âge adulte et au-delà”, explique Robin Morrison, première auteure de l’étude, dans un communiqué

Perdre un parent est donc dramatique pour les petits. Robin Morrison poursuit : “Dans de nombreuses espèces, telles que les chimpanzés, les individus sans mère souffrent d’une mortalité plus élevée ou peuvent devenir de moins bons parents, et ceci est valable même si la perte se produit tôt dans l’enfance.

Comment surmonter un tel drame ?

Pour les gorilles de montagne, la solution pour surmonter un tel drame est la suivante : “La disparition de la mère pourrait être chez les gorilles amortie par les relations au sein des groupes sociaux soudés, brisant le lien entre la perte maternelle, l’adversité sociale accrue et la baisse de la condition physique”, comme l’ont rapporté les auteurs de cette analyse.

D’après ces scientifiques, les jeunes orphelins n’ont alors pas de risque davantage élevé de mourir que ceux ayant encore leur génitrice. Cette perte n’a pas non plus l’air d’avoir un impact sur leur capacité à se reproduire ou à élever leur propre enfant plus tard. 

Toutefois, il y a bien une différence dans le nombre d’interactions entre les jeunes et les autres membres du groupe. Celles-ci sont effectivement plus nombreuses. Les spécialistes estiment que ce sont ces unions fortes qui aideraient les orphelins à surmonter la perte de leur mère. 

En outre, les mâles peuvent prendre soin des petits, que ce soit ou non leurs petits. La plus forte interaction est d’ailleurs observée entre le mâle dominant et les orphelins. “Ceci suggère que contrairement aux éléphants, chez qui la perte maternelle conduit à de plus faibles relations avec les membres dominants du groupe, les gorilles souffrant d’une perte maternelle ont un accès accru au membre le plus dominant de leur groupe”, expliquent les experts. 

Des données essentielles pour le corps scientifique

Ces analyses sont menées depuis 1967. Elles sont primordiales pour en apprendre davantage sur cette espèce animale formant “des sociétés complexes”. Des constats qui mettent “en lumière la valeur des recherches de longue durée sur les populations animales sauvages”, détaille Tana Stoinski, principale auteure de l’étude, présidente et directrice générale du Dian Fossey Gorilla Fund. 

Comme nous les gorilles vivent longtemps, donc cela peut prendre des années pour enregistrer des comportements rares et fascinants qui se produisent au cours de leur vie”, précise-t-elle. Cette base de données est également l’une des plus longues obtenues pour un animal sauvage. 

Enfin, “cette nouvelle étude laisse penser que notre capacité à prendre soin des autres […] en période de besoin pourrait être profondément ancrée dans notre ADN et partagée avec les gorilles”, conclut Robin Morrison.

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athena

L’impact du lien parental est également primordial chez les corvidés, très intelligents.