Des scientifiques sont parvenus à donner naissance à des souriceaux sans père biologique

Grâce à l’emploi d’une technique de fécondation peu conventionnelle, des chercheurs chinois sont parvenus à donner naissance à des souriceaux à partir des gènes de deux souris femelles. Un procédé innovant qui devrait également nous aider à mieux comprendre la formation et le développement de certaines maladies génétiques.

 

Des souriceaux nés à partir des gènes modifiés de deux mères

Faire naître des souriceaux à partir de cellules souches embryonnaires appartenant à deux femelles, sans qu’un mâle ne vienne féconder les ovules, voici l’étonnant pari que vient de relever une équipe de biologistes de l’Académie Chinoise des Sciences. Ces derniers cherchaient principalement à comprendre pourquoi, à la différence de certaines espèces animales, les mammifères étaient incapables de se reproduire par parthénogénèse (c’est à dire donner naissance à des petits sans l’intervention d’un mâle) et on procédé à diverses manipulations d’édition de gènes afin d’en modifier l’expression.

La souris est un organisme dit « diploïde » : elle possède deux copies de chaque chromosome qui proviennent à la fois du père et de la mère, mais les recherches ont depuis longtemps démontré que certains gênes s’exprimaient uniquement par la copie maternelle ou paternelle. Ce phénomène, connu sous le nom « d’empreinte génomique » et étudié par la chercheurs depuis une trentaine d’années, nous éclaire également sur les raisons qui font que la combinaison naturelle de chromosomes provenant de deux individus de sexe identique produit une descendance non viable.

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Une avancée majeure qui pourrait nous aider à mieux cerner les causes de certaines maladies génétiques

Grâce aux avancées importantes réalisées dans le domaine de l’édition génétique, il est désormais possible de modifier directement les cellules souches embryonnaires. Les chercheurs chinois ont ainsi pu supprimer trois régions particulières des chromosomes maternels dotés d’empreintes génomiques, et le génome modifié a ensuite été implanté dans les ovocytes provenant d’autres femelles afin d’obtenir un embryon diploïde, qui a ensuite été implanté dans l’utérus d’une « mère porteuse ».

Comme l’ont expliqué Baoyang Hu et Wei Li, co-auteurs de l’étude parue dans Cells : « Nous avons découvert dans le cadre de nos recherches que les cellules souches embryonnaires haploïdes ressemblaient davantage aux cellules germinales primordiales, précurseurs des ovules et du sperme. Nous avons vu que les défauts chez les souris bimaternelles peuvent être éliminés et que les barrières de reproduction bipaternelles chez les mammifères peuvent également être franchies par modification de l’empreinte ».

Sur les 210 embryons modifiés par les chercheurs, 29 se sont développés sans anomalies et ont donné naissance à des souris qui se sont reproduites « naturellement » une fois arrivées à maturité. Des résultats encourageants qui devraient nous permettre de mieux comprendre les causes de certains handicaps graves chez les enfants.

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