Votre assistant personnel Siri était au départ un programme militaire américain

Votre assistant personnel Siri était au départ un programme militaire américain

Aujourd’hui, (presque) tout le monde connait Siri, l’assistant personnel qui habite les iPhones ! Mais rares sont les personnes qui connaissent vraiment son origine. Aujourd’hui, le DGS retrace pour vous l’histoire de Siri.

UN ASSISTANT PERSONNEL POUR LES UTILISATEURS DE PRODUITS APPLE

Siri est un logiciel très élaboré de commande vocale détenu par la société Américaine Apple. Siri est en effet capable de comprendre les instructions verbales données par les utilisateurs et de répondre à leurs demandes. Présent uniquement dans les produits Apple, depuis son lancement en octobre 2011 pour la sortie de l’iPhone 4S, Siri est considéré comme un véritable assistant personnel.

Mais avant de n’appartenir qu’à Apple, Siri a eu plusieurs vies !

Siri sur iPhone

Siri tire ses origines de trois programmes ambitieux s’intéressant au développement d’un assistant numérique personnel complexe.

DES ORIGINES MILITAIRES POUR SIRI

Le premier est un programme militaire de la Defense Advanced Research Projects Agency, plus connue sous l’acronyme DARPA. Vous en avez sûrement déjà entendu parlé pour leur implication dans le domaine de la robotique avec le DARPA Robotics Challenge par exemple. Si ce n’est pas le cas, on vous rafraîchit la mémoire ici et . En 2003, l’agence gouvernementale commissionne le centre de recherche indépendant Stanford Research Institute (SRI) pour l’élaboration d’un assistant personnel virtuel. Le but : aider à améliorer l’efficacité et la rapidité dans la prise de décision militaire sur le terrain face à des événements inattendus.

PLUS DE 300 CHERCHEURS POUR UN PROGRAMME D’ENVERGURE

Digne d’un film de science-fiction, le programme a pourtant réellement vu le jour sous le doux nom de Cognitive Assistant that Learns and Organizes, plus simplement programme CALO. Le programme durera 5 ans. 5 années de recherches inlassables sur l’intelligence artificielle, l’interaction homme-machine, le traitement automatisé du langage ou encore l’apprentissage automatique. 150 millions de dollars seront investis pour financer des recherches qui auront rassemblées plus de 300 scientifiques.

L’autre programme qui a donné en partie vie à Siri est civil cette fois-ci. C’est le SRI International qui se retrouve aux commandes de ces travaux de recherche dans le domaine de la téléphonie mobile. Mené en parallèle du programme militaire, ce programme civil s’inspire néanmoins beaucoup des avancées de CALO. L’équipe de recherche répond au nom de Vanguard. Le projet Vanguard est moins ambitieux que CALO mais a l’avantage de pouvoir facilement être exploité pour une utilisation de masse.

La collaboration entre le SRI International et l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne semble également avoir joué un grand rôle dans l’élaboration de Siri. La technologie « Active Technologies » semble être l’ancêtre très proche de Siri, puisque des documents, brevets originaux étayent les faits.

Dag Kittlaus pendant la TechCrunch Disrupt NY

Les technologies développées par les équipe d’Active et de Vanguard ont alors été présentées à  Dag Kittlaus. Il n’en faut pas plus pour que le directeur général de Motorola (à l’époque) soit séduit. Mais malgré son flair, il ne réussit pas à convaincre sa direction. Il choisit donc de quitter Motorola pour rejoindre le SRI. Belle anecdote me direz-vous, mais quel rapport avec notre petit Siri ?

LES PROJETS CALO, VANGUARD ET ACTIVE A L’ORIGINE DE SIRI

La collaboration entre plusieurs ingénieurs du SRI dont Dag KittlausAdam Cheyer, ingénieur au SRI qui travaillait sur l’assemblage lors du projet CALO et Chris Brighamle, va donner naissance à la start-up Siri ! Le but : créer un assistant mobile efficace. A l’époque, le nom de code du produit est HAL (et non Siri), en référence à l’ordinateur du film 2001, l’Odyssée de l’espace. Les co-fondateurs de la start-up accueillent un nouveau membre à l’équipe : Tom Gruber, directeur de la technologie. Les ingénieurs ayant toute l’expérience requise grâce aux trois projets précédents : CALO, Vanguard et Active, Siri voit alors le jour sous une forme quelque peu différente de l’actuel. En 2008, la start-up pèse déjà 8,5 millions de dollars.

APPLE SE PAYE SIRI POUR 200 MILLIONS DE DOLLARS

A l’époque le sort de Siri est incertain : la start-up veut créer une architecture qui permettrait d’utiliser le logiciel n’importe où sur le web, elle imagine même déjà le rendre disponible sur les BlackBerry et sur les téléphones fonctionnant sous Android, avec un contrat signé par Verizon. Il n’en est rien. En 2010, Steve Jobs séduit par l’assistant mobile fait une offre qui surpasse tous les contrats signés jusque là : Apple rachète la start-up 200 millions de dollars et fait de Siri une exclusivité Apple. Et la suite vous la connaissez très bien !

Le logiciel est issu de la rencontre entre plusieurs projets ambitieux qui ont eu pour finalité la création d’un logiciel assistant personnel, capable de répondre à des questions, d’effectuer des tâches après en avoir reçu la demande, et même faire preuve d’humour. Si Siri peut en inquiéter certains, il est néanmoins la preuve que la collaboration peut amener à créer des technologies impressionnantes et novatrices !

C’est impossible, dit la fierté. C’est risqué, dit l’expérience. C’est sans issue, dit la raison. Essayons, murmure le cœur.

— William Arthur Ward