Un espoir pour les tétraplégiques : cette interface révolutionnaire comprend la pensée pour contrôler les machines

singe-fauteuil-roulant-pensee-une Un homme se promène en fauteuil roulant via Shutterstock

Chaque jour, les chercheurs avancent sur des domaines aussi variés que les vaccins ou les nouvelles technologies. Chacune de leurs trouvailles est un motif d’espoir pour les malades et les handicapés. Une équipe menée par l’expert de l’interface cérébrale Miguel Nicolelis travaille depuis des années sur la possibilité qu’une personne puisse contrôler un fauteuil roulant robotique ou autre exosquelette par la pensée. Les essais récents sur des singes sont un véritable succès. SooCurious vous dit tout sur cette technique révolutionnaire.

La recherche semble n’avoir aucune limite et c’est assez fascinant. De fait, une équipe de chercheurs de Duke Health (une université américaine) a mis au point un système révolutionnaire permettant de contrôler grâce à son esprit un fauteuil roulant. Testé sur des macaques rhésus (espèce de singe), force est de constater que c’est un succès. L’équipe de Miguel Nicolelis a développé une interface cérébrale qui permet aux singes de contrôler les mouvements d’un fauteuil roulant robotique seulement par la force de leur esprit.

 

Le singe arrive à contrôler la trajectoire du fauteuil par la pensée :

visu-interface-cerveau-2Le fonctionnement est relativement simple : les chercheurs se servent d’une interface cerveau-machine pour aider le singe à contrôler des membres artificiels. Elle communique entre le cerveau et le dispositif externe (ordinateur ou système électronique). Les chercheurs ont implanté une électrode dans le cerveau des macaques, qui assure la liaison.

Grâce à ce système sans fil, les singes arrivent à apprendre comment se déplacer avec le fauteuil robotique en utilisant quelque 300 neurones. Ils imaginent une trajectoire, qu’ils arrivent à appliquer grâce à l’interface cerveau-ordinateur. Les variations du cerveau sont toutes retranscrites sur un ordinateur en laboratoire. Si les essais sont un succès, ils sont le fruit d’une recherche longue de 17 ans.

 

Schéma du fonctionnement de l’interface entre le cerveau du singe et l’ordinateur permettant de bouger un bras robotisé :

visu-interface-cerveau-1Miguel Nicolelis a déjà fait des essais avec des macaques en leur implantant des centaines de filaments cérébraux. Les cobayes ont réussi en peu de temps à contrôler un fauteuil roulant robotique en le déplaçant jusqu’à un bol rempli de grappes de raisin (récompense). Le chercheur confirme qu’ils n’ont pas eu d’entraînement spécifique pour être au même niveau qu’une personne handicapée ou paralysée. A terme, l’équipe de Duke Health espère que le système pourra être utilisé par des humains paralysés.

Cette technologie permet de décrypter les variations cérébrales de la personne et de les transformer en signaux permettant de contrôler un membre robotisé ou un fauteuil. Une personne entièrement paralysée pourrait donc contrôler les mouvements d’un exosquelette grâce à sa pensée, comme une personne valide. En outre, plus la personne utilise ce système, plus elle le maîtrise avec aisance.

 

L’électrode implantée envoie les variations cérébrales sur un ordinateur

visu-interface-cerveau-3Il faut néanmoins apporter une nuance : on ne sait pas encore jusqu’à quel point il serait efficace au quotidien. D’après Miguel Nicolelis, il faudrait implanter une électrode dans le cerveau par le biais d’une opération. Toujours selon lui, ces implants sont fiables et sûrs. L’implant est posé sur le tissu cérébral et se déplace avec lui, sans faire de dommage. Les chercheurs sont donc réellement optimistes sur l’avenir d’une telle technique pour les paralysés et les handicapés.

 

Les variations cérébrales du singe cobaye sur un écran d’ordinateur

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Une telle technique permet à terme d’espérer que les personnes qui ne peuvent plus se déplacer ou bouger leurs membres pourront contrôler des membres robotisés. Si les chercheurs sont encore dans l’expectative concernant les humains, leurs essais avec des singes (espèce très proche de l’homme) sont très prometteurs. D’ailleurs, des essais sur un homme amputé des deux bras ont déjà été faits, et les résultats ont été concluants.


Le Dragonnier de Socotra est une plante qui produit une résine de couleur rouge sang.

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