Le Shutdown américain pourrait bien laisser des marques navrantes sur les parcs nationaux. Depuis 28 jours maintenant, le gouvernement est dans un « shutdown », et en conséquence de nombreux parcs nationaux voient leur personnel réduit au strict minimum. Nous vous proposons de revenir sur les principales conséquences et le risque que les parcs nationaux encourent de par cette situation inédite.

 

Un shutdown historique

Le 6 janvier dernier déjà, le Service des parcs nationaux américains a décidé de puiser dans les fonds protégés afin de pouvoir assurer convenablement la collecte des ordures et la bonne tenue des infrastructures. En plus de cette mesure qui ne peut s’inscrire que dans le court terme, un appel à l’aide – suivi par la réponse de centaines de généreux bénévoles – s’est déroulé pour remplacer le personnel manquant.

Malgré ces mesures de précaution, les visiteurs continuent de dégrader les parcs nationaux et les responsables constatent déjà l’impact colossal du shutdown sur ces lieux. « Les impacts se produisent très rapidement et leur récupération prend beaucoup de temps », explique Robert Manning, professeur émérite de l’Université du Vermont, qui étudie les loisirs en plein air.

Wikimedia – Mfield

 

Les écosystèmes désertiques sont les principales victimes

Dans les faits, ce sont les biomes imitant les écosystèmes désertiques qui en souffrent le plus. Avec leur croissance lente et privées de nutriments et d’eau, les plantes du désert, abondamment piétinées par les visiteurs mettent beaucoup plus de temps à se rétablir que les biomes de type forestiers. D’ailleurs, une grande partie de ce dernier est en réalité recouvert d’une couche vivante, que l’on nomme croûte de sol biologique. Composée d’une combinaison de cyanobactéries, de champignons, d’algues et de mousses, c’est un véritable cocktail d’organismes qui permettent de former une véritable peau vivante au-dessus du sol. Elle permet donc une protection d’un écosystème vulnérable, ce qui n’est possible qu’avec un maintien régulier et en bonne et due forme, chose qui n’est pas réalisable avec un shutdown prolongé.

La croûte est désormais facilement repérable de par les taches sombres à la surface du sol. Dans les déserts chauds et dans les parcs nationaux comme Joshua Tree, situé dans le sud de la Californie, ils sont plus énigmatiques et dissimulés mais couvrent plus de 13 % de la surface. Combattant l’érosion, ils sont nécessaires et essentiels à l’alimentation des plantes de par leur ajout de carbone dans le sol, et leur absorption de l’azote de l’air. Enfin, cette couche permette de convertir ce dernier en un élément nutritif qui sera bénéfique à l’ensemble du sol.

Seulement voilà, de par la situation actuelle et le sous effectif prolongé des parcs nationaux, les croûtes servant au sol ne peuvent plus être bien entretenues et l’ensemble de l’écosystème commence à s’effriter. Les plantes voisines subissent le contre coup et un véritable effet domino se met naturellement en place. Dans ces parcs nationaux, les principaux responsables sont également les pneus de voitures : les jeep se montrent très agressives et occasionnent des dégâts qui s’inscrivent sur des années, décennies ou même des siècles. La nature est fragile quand elle a été domptée et régulée par l’homme depuis des dizaines d’années, et l’abandon ne se fait clairement pas sans heurts.

Flickr/bdungard

 

La perspective de demain

Alors combien de temps faut-il compter pour rétablir les croûtes ? Les scientifiques et chercheurs estiment que cela s’échelonnera de quelques dizaines d’années à plusieurs dizaines d’années. En fait, tout dépendra globalement du climat à ce moment donné. Plus la zone désertique sera sèche et chaude, à l’image de Joshua Tree, et plus cela prendra du temps.

Mais l’utilisation non réglementée comme c’est le cas actuellement des parcs nationaux peut également nuire aux artefacts historiques, et archéologiques. D’une fragilité extrême, ces véritables éléments historiques et uniques ne sont pas renouvelables une fois endommagés et ne laissent pas de seconde chance. Préserver les conditions écologiques des lieux est un besoin majeur et essentiel pour les parcs nationaux. Ces derniers subissent, aujourd’hui, une fois de plus les conséquences de l’activité humaine et pourraient bien ne pas se rétablir…

Pexels

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