
S’il ne fait aucun doute que nos ancêtres se sont métissés avec les Néandertaliens, de nouvelles analyses génétiques révèlent que les représentants masculins de cette lignée disparue et les femmes humaines étaient plus susceptibles de « franchir le pas ».
Héritage persistant
En 2010, un jalon majeur pour la compréhension des Néandertaliens, et de leur héritage génétique, avait été franchi, avec la reconstitution du premier génome de cet illustre représentant du genre Homo.
Ces dernières années, des séquençages génétiques ont révélé que notre espèce et nos cousins disparus descendaient d’un ancêtre commun qui vivait en Afrique il y a moins d’un million d’années. Si Homo Neanderthalensis a commencé à se répandre en Eurasie il y a environ 400 000 ans, ce n’est qu’il y a 70 000 ans que nos ancêtres ont commencé à quitter massivement l’Afrique, et croisé sa route.
À l’échelle de dizaines de milliers d’années, des métissages sont intervenus au sein d’un vaste aire géographique, et les populations non africaines modernes conservent une trace génétique claire de ces rencontres : on estime qu’entre 2 et 4 % de leur ADN provient directement des Néandertaliens.
De façon intrigante, il s’avère que les chromosomes X humains présentent une proportion plus faible de matériel génétique néandertalien. Alors que l’on supposait qu’il s’agissait essentiellement d’une forme de sélection naturelle, avec des gènes « délétères », qui auraient affecté significativement la survie et la capacité à se reproduire des individus en étant porteurs, une nouvelle étude est parvenue à une conclusion bien différente.

Une tendance claire
Menées par des chercheurs de l’université de Pennsylvanie, celles-ci ont révélé une abondance d’ADN humain moderne sur le chromosome X de notre cousin disparu, indiquant un flux génétique résultant essentiellement de l’accouplement d’hommes Néandertaliens et de femmes Homo sapiens.
Les chromosomes X et Y déterminent le sexe de la progéniture (XX pour les femmes, XY pour les hommes). Ainsi, si les hommes de Néandertal se reproduisaient plus fréquemment avec les femmes Homo sapiens, leurs descendants héritaient davantage de chromosomes X humains, tandis que les populations humaines modernes conservaient relativement peu de chromosomes X néandertaliens.
On ignore toutefois s’il s’agissait principalement de choix délibérés ou d’une forme de coercition (par exemple des enlèvements ou des viols). Selon l’équipe, les « migrations sexospécifiques » pourraient également avoir joué un rôle, avec des hommes plus susceptibles de quitter leurs tribus.
En 1998, des paléontologues avaient découvert les premiers restes d’un hybride humain-néandertalien dans le centre du Portugal.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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