— Tom Reichner / Shutterstock.com

De récentes recherches ont montré que les serpents à sonnette changeaient brusquement de fréquence de cliquetis pour tromper l’oreille humaine, et probablement celle des autres animaux.

Un signal intelligent

À l’instar des bips s’accélérant à mesure qu’un véhicule en marche arrière se rapproche d’un obstacle, le cliquetis d’avertissement des crotales démarre à un rythme lent, qui augmente progressivement avant de passer soudainement à un son constant à haute fréquence. « Cela donne l’impression que le danger est imminent, alors que ces reptiles peuvent se trouver à un mètre de distance », explique Boris Chagnaud, chercheur à l’université de Graz en Autriche et auteur principal de la nouvelle étude parue dans la revue Current Biology.

« Une telle illusion auditive s’apparente à un signal intelligent, évitant probablement au serpent de se faire marcher dessus ou de gaspiller son précieux venin », poursuit le chercheur. « Il vous fait clairement comprendre que vous êtes trop près. »

Lors de l’étude de terrariums de serpents à sonnette il y a quelques années, Chagnaud avait été surpris de constater que la vitesse de cliquetis des serpents changeait lorsqu’il s’approchait ou reculait. Collaborant avec les scientifiques de l’université technique de Munich, le chercheur a mené des expériences impliquant 30 de leurs crotales du Texas (Crotalus atrox), qui ont réagi à l’approche d’un torse humain factice placé sur des rails, ainsi qu’à un cercle noir croissant formé par des projections lumineuses sur un écran.

Crotalux atrox en position défensive

Dans les deux tests, la fréquence s’accélérait progressivement jusqu’à environ 40 cliquetis par seconde, puis passait soudainement à un son à haute fréquence constant, allant de 60 à 100 cliquetis par seconde selon le reptile.

Des illusions auditives très efficaces

L’équipe a ensuite mené des expériences de réalité virtuelle dans lesquelles 11 sujets ont été invités à se déplacer dans un champ d’herbe virtuel, et à presser un bouton lorsqu’ils pensaient être à proximité immédiate de la source du son. Il s’est avéré qu’ils étaient facilement trompés par le changement soudain de la vitesse du cliquetis.

« Ils pensaient se trouver à un mètre du serpent virtuel, alors qu’en réalité, ils étaient plutôt à quatre mètres », explique Chagnaud.

Les résultats de l’étude suggèrent que les serpents ont développé une capacité remarquable à fausser notre perception de la distance nous en séparant, à l’aide de sons. « Ils n’essaient pas de nous avertir pour nous éviter d’être mordus », souligne le chercheur. « Ils annoncent avant tout leur présence pour se protéger. »

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