Présentée au congrès de gastroentérologie de Vienne, cette étude a mis en évidence pour la première fois la présence de nombreux microplastiques dans les excréments humains. Une découverte inquiétante qui pourrait être en lien avec la pollution des océans. Explications.

 

PET, Polypropylène, et polystyrène

Consultable sur le site de l’United European Gastroenterology, cette étude pilote a notamment identifié la présence de particules de polyethylène-terephtalate (PET) et de polypropylène (PP) dans les excréments de huit volontaires vivant en Europe, en Russie et au Japon. Pendant une semaine, cinq femmes et trois hommes âgés de 33 à 65 ans ont noté les éléments qu’ils consommaient, et les analyses pratiquées sur leurs selles ont révélé la présence systématique de microplastiques (environ 20 microparticules pour 10 grammes d’excréments humains).

Utilisés dans la fabrication des bouteilles, le polypropylène et le PET sont les deux types de plastiques les plus fréquemment retrouvés, suivis par le polystyrène, que l’on retrouve dans la plupart des emballages et des barquettes, et le polyéthylène, servant notamment à fabriquer les sacs en plastique. À eux seuls, ceux-ci représentent 95 % des particules détectées par les scientifiques. Comme l’a précisé Bettina Liebmann, chercheuse à l’Agence autrichienne de l’environnement : « La taille des échantillons de plastique trouvés dans leurs selles variait de 50 à 500 micromètres, soit l’épaisseur d’un cheveu ou plus ».

 

La pollution des océans pointée du doigt

Selon toute vraisemblance, ces micro-particules auraient été absorbés par les volontaires dans le cadre d’un consommation régulière de produits de la mer, mais également via l’eau des bouteilles en plastique et les emballages plastiques des produits alimentaires. Bien que les chercheurs n’aient pas établi de causalité statistique claire entre alimentation et exposition aux micro-particules plastiques en raison d’un échantillon de personnes restreint, les auteurs de l’étude entendent réaliser des travaux complémentaires afin d’évaluer les dangers potentiels de ces microplastiques pour les humains.

De précédentes études avaient révélé la présence de ce type de particules dans l’estomac, le foie et le sang de plusieurs animaux marins. D’abord colonisés par les micro-organismes, ces micro-particules sont consommés par le plancton et remontent ensuite lentement la chaîne alimentaire marine. À l’heure actuelle, la production plastique mondiale est évaluée à 348 millions de tonnes par an, et 2 à 5 % se retrouveraient dans les océans. Selon de récentes estimations, elle pourrait atteindre 455 millions de tonnes par an d’ici 2025.

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Il pleut littéralement du plastique sur les montagnes du Colorado (et sur les Alpes aussi)

[…] à l’université de Birmingham. S’il a été montré que nous absorbions des microplastiques par l’intermédiaire de l’eau et des aliments que nous consommons et respirions les micro et nanoplastiques présents dans l’air, les différentes recherches […]