Des analyses satellite et sédimentaires indiquent qu’un tremblement de terre particulièrement violent, survenu il y a plus de deux millénaires, a durablement modifié le cours du Gange.
Avulsion quasi instantanée
Coulant sur plus de 2 575 kilomètres, le Gange prend sa source dans l’Himalaya et se jette dans le golfe du Bengale. Avec le Brahmapoutre, le Meghna et d’autres fleuves indiens, il forme le second plus grand réseau fluvial au monde et n’est surpassé que par l’Amazone en matière de débit.
S’il est difficile d’imaginer que des cours d’eau d’une telle importance puissent se déplacer, à l’échelle d’années ou de décennies, les grandes quantités de sédiments qu’ils charrient peuvent s’accumuler et soulever leur lit, les forçant à se frayer un nouveau chemin.
Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Nature Communications, des chercheurs ont découvert qu’un type de phénomène naturel extrême et meurtrier pouvait provoquer une « avulsion » quasi instantanée.
En examinant des clichés satellite, des chercheurs ont identifié un ancien canal fluvial d’une centaine de kilomètres de long, parallèle au Gange actuel. Une étude de terrain a par la suite révélé la présence récurrente de sismites (couches sédimentaires apparaissant lorsque des tremblements de terre secouent des sols saturés d’eau), dont les motifs similaires indiquaient une formation au cours d’un seul évènement sismique.
Un séisme majeur survenu il y a plus de deux millénaires
L’ampleur de ces perturbations géologiques indique qu’elles résultent d’un tremblement de terre de magnitude 7 ou 8 qui, selon l’analyse chimique de plusieurs échantillons de sédiments, s’est produit il y a environ 2 500 ans.
Celui-ci aurait été provoqué par la subduction de la croûte océanique de l’océan Indien sous le Bangladesh, le Myanmar et le nord-est de l’Inde, ou de grandes failles situées à la base de l’Himalaya, dont l’activité actuelle fait craindre aux chercheurs un séisme majeur dans un avenir relativement proche.