© The Vindolanda Trust / Vindolanda.com

Il y a quelques semaines, une mystérieuse sculpture antique ayant pour effigie un cavalier nu a été découverte à Vindolanda, située dans le nord de l’Angleterre et à proximité des ruines du mur d’Hadrien. Selon les spécialistes en archéologie, il pourrait s’agir d’un dieu romain. Mais une question demeure : de quel dieu s’agit-il ?

Des fouilles participatives organisées à la forteresse de Vindolanda

L’homme représenté n’est vêtu que d’un chapeau et tient une lance. Il se tient devant ce qui semble être un cheval ou un âne. La pierre sur laquelle il est gravé mesure environ 16 cm sur 31,5 centimètres et aurait par conséquent pu s’insérer dans un renfoncement du fort romain de Vindolanda, où il a précisément été trouvé. Cette forteresse, située dans le nord de l’Angleterre et à proximité des restes du mur d’Hadrien, a été construite au Ier siècle après Jésus-Christ et a servi jusqu’au IVe siècle, où elle a été abandonnée. Elle est chaque année le lieu de fouilles participatives.

Ces fouilles participatives, supervisées par des archéologues professionnels, voient la contribution d’archéologues bénévoles très motivés et parfois amenés à faire de grandes découvertes pleines d’émotion. C’est le cas de Richie Milor et de David Goldwater, deux amateurs de Newcastle et précisément à l’origine de la découverte de cette sculpture mystérieuse. C’est eux qui ont découvert le relief de grès sculpté dans le fort de Northumberland, le 20 mai dernier. Ce n’est pas la première fois qu’ils contribuent aux fouilles participatives (ils viennent chaque année depuis 15 ans) mais c’est en revanche bien la première fois qu’ils font une découverte si exceptionnelle. Leur objectif, cette année, était de déterrer un sol recouvert de dalles de pierre ou de pavés dans un des bâtiments du fort. Après seulement quelques centimètres de creusage, ils ont découvert cette intrigante sculpture. Un grand moment d’émotion pour les deux compères.

Dans un communiqué publié le 28 juin dernier, Goldwater s’exprime : « J’ai d’abord vu l’une des jambes du cheval, puis le sommet pointu du relief. » Son ami et collègue Milor ajoute qu’ils sont « absolument ravis, très fiers de faire partie de cette découverte, c’était en fait très émouvant. Que vous trouviez quelque chose ou non, nous aimons venir sur ce site, jouer notre petit rôle dans la recherche qui a lieu, mais trouver cela en a fait une journée très spéciale. »

© The Vindolanda Trust / Vindolanda.com

L’identité de l’homme sur la sculpture

Dans ce même communiqué, Marta Alberti (qui supervise les fouilles de Vindolanda) estime que « la nudité de l’homme signifie qu’il est probablement un dieu, plutôt qu’un simple cavalier ». Mais l’identité précise de ce dieu est encore inconnue, et elle ajoute qu’« il porte également une lance dans son bras gauche, un attribut commun du dieu de la guerre – Mars. Cependant, lorsque vous regardez sa tête, les deux caractéristiques presque circulaires pourraient être identifiées comme des ailes : un attribut commun de Mercure – dieu du voyage. Les chevaux et les ânes sont également souvent associés avec Mercure comme protecteur des voyageurs. » Ses propos semblent donc concorder avec l’étude publiée en 2007 dans The American Journal of Archaeology qui déclare que dans la sculpture grecque archaïque et classique, sur laquelle les Romains se sont inspirés, « la nudité caractérise des personnages qui incarnent autrement une taille, une puissance et une arêtè bénie (arêtè signifiant excellence en grec) ». Cela signifie souvent aussi l’héroïsme. Alors, Mars ou Mercure ?

C’est la première fois qu’un tel relief en pierre est découvert à Vindolanda. Nous ne trouvons pas d’inscription sur la sculpture, mais l’emplacement où les archéologues l’ont découverte doit être pris en compte. Bien que la sculpture n’ait pas d’inscription, son emplacement de découverte est un indice important ; elle a été découverte près d’une caserne de cavalerie du IVe siècle. « Peut-être que les cavaliers vivant dans la caserne avaient leurs propres façons d’interpréter Mars, Mercure ou une variation surnaturelle qui possédait les qualités des deux dieux », ont supposé les archéologues. Ils estiment que cette découverte est si unique que cette sculpture est peut-être « quelque chose que nous ne reverrons plus jamais », déclare Alberti.

Si vous souhaitez observer cette sculpture sur pierre, elle est maintenant exposée au musée Vindolanda. Les fouilles du fort se poursuivront jusqu’au 24 septembre.

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