Image d’illustration — Volodymyr Dvornyk / Shutterstock.com

Des fouilles dans le sud-est de la Jordanie ont conduit à la mise au jour d’un impressionnant site rituel érigé par un groupe de chasseurs-cueilleurs à la fin de l’âge de pierre.

D’importantes trouvailles archéologiques

Localisé dans le désert de Jibal al-Khashabiyeh, dans l’est du bassin d’Al-Jafr, le site a été découvert l’année passée par une équipe d’archéologues jordaniens et français. Les travaux d’excavation réalisés ces derniers mois ont permis d’exhumer un vaste éventail d’artefacts et de trésors géologiques, incluant des figurines d’animaux, des outils en silex, un autel, deux stèles sur lesquelles étaient sculptés des visages humains ainsi que 150 fossiles marins. Un modèle miniature de « cerf-volant du désert », type de piège à gibier utilisé pour capturer les gazelles et les cerfs sauvages, a également été mis au jour.

L’équipe avait précédemment mis au jour plusieurs de ces structures, présentes dans de nombreuses zones arides du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud-Ouest et pouvant s’étendre sur plusieurs kilomètres, à proximité du complexe rituel.

Chaque piège consistait en deux longs murs de pierre disposés en forme de V, à la pointe duquel était bâtie une petite enceinte murée. Les chasseurs-cueilleurs rabattaient les animaux afin qu’ils s’engouffrent dans l’extrémité large du piège et soient contraints de suivre le corridor jusqu’à l’enclos, où ils étaient ensuite abattus.

Différentes techniques de datation ont permis d’établir que ces larges structures, « témoignant de pratiques de chasse coordonnées et étonnamment sophistiquées pour l’époque », ainsi que le site rituel remontaient à 7 000 avant J.-C.

Un site unique

Selon l’équipe, la proximité des cerfs-volants du désert et du site rituel laisse penser que ces pièges occupaient une place importante dans la vie culturelle, économique et spirituelle de cette société de chasseurs-cueilleurs du Néolithique.

« Le site est unique, d’abord en raison de son état de conservation. Malgré ses 9 000 ans, tout est presque intact », souligne Wael Abu-Azziza, codirecteur du projet et archéologue à l’Institut français du Proche-Orient. « Il servait probablement à invoquer les forces surnaturelles pour des chasses fructueuses et des proies en abondance. »

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