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Image d’illustration — ymgerman / Shutterstock.com

Des fouilles près de la ville péruvienne de Huanchaco ont conduit à la mise au jour des restes de dizaines d’enfants victimes de sacrifices humains. Selon les archéologues, beaucoup d’autres attendent encore d’être découverts.

Un sacrifice à grande échelle

Les 76 squelettes ont été découverts dans la partie supérieure d’un monticule artificiel du site de Pampa la Cruz. Enterrés en position allongée les pieds en direction de l’est, ceux-ci présentaient tous une coupe transversale nette à travers le sternum, suggérant que leur cage thoracique avait été ouverte et leur cœur retiré. « Nous ne pensions pas trouver des témoignages de sacrifices d’enfants Chimu dans cette zone », explique Gabriel Prieto, qui a supervisé les fouilles.

Ce site archéologique péruvien est fouillé depuis plusieurs années. Jusqu’à présent, 323 enfants sacrifiés y ont été découverts, tandis que les restes de 140 jeunes autres victimes (dont le cœur semblait également avoir été retiré) ont été mis au jour sur le site voisin de Las Llamas. Selon les chercheurs, il ne s’agirait que d’une partie de cet « iceberg sacrificiel ». « Aussi fou que cela puisse paraître, il pourrait y avoir plus de 1 000 victimes », estime Prieto.

Si la datation au radiocarbone des squelettes récemment découverts n’a pas encore été effectuée, les restes des victimes précédemment trouvées à Pampa la Cruz remontaient à 1100 à 1200 de notre ère, correspondant à l’essor du peuple Chimu, connu pour son travail du métal et la citadelle de Chan Chan, dans la région.

Plusieurs hypothèses avancées

« La raison pour laquelle les Chimu se seraient livrés à des sacrifices d’enfants à si grande échelle reste à ce stade obscure, mais la mise au jour d’un système d’irrigation artificiel et d’anciennes cultures à proximité suggère que certains d’entre eux pourraient avoir été réalisés pour ‘bénir’ le site », avance Prieto.

Selon l’archéologue Richard Sutter, les individus qui vivaient dans la région de Huanchaco au cours du premier millénaire de notre ère étaient également connues pour effectuer des sacrifices humains. Ce qui signifie que les Chimu ont pu perpétuer une pratique de longue date.

D’autres chercheurs estiment que des changements environnementaux auraient pu perturber les rendements agricoles, et que ces actes auraient constitué une réponse culturelle. La bioarchéologue Catherine Gaither citant notamment la possible influence d’évènements semblables à El Niño, courant côtier saisonnier chaud connu pour modifier les températures de surface de la mer, affectant elle-même les vents et la pluviométrie.

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ozarmes
ozarmes
1 mois

A cette époque il faut croire que l’on subissait dans ces régions un changement climatique important avec moins de pluviosité, et donc plus de sécheresse et de difficultés à cultiver des ressources pour se nourrir….. comme chez nous l’été dernier !! Mais heureusement nous n’en sommes pas encore à sacrifier… Lire la suite »