© Auteur inconnu / Wikimedia Commons

Le saviez-vous ? Il existe un roman qui ne contient pas une seule fois la lettre “e” ! Intitulé Gadsby, il a été écrit en 1939 par Ernest Vincent Wright, et raconte l’histoire de John Gadsby, un homme de 50 ans qui, voyant la déchéance de la ville où il a grandi, Branton Hills, réunit les jeunes de la ville afin de créer une « Association de la Jeunesse« , dans le but d’établir un meilleur esprit civique et d’améliorer les conditions de vie à Branton Hills. Le récit commence vers 1906 et se déroule pendant la Première Guerre mondiale, la prohibition, jusqu’au mandat du président Harding. 

Ce roman est un lipogramme : en effet, c’est ainsi que nous nommons la figure de style qui consiste à produire un texte d’où sont “délibérément exclues certaines lettres de l’alphabet”. Mais ce qui est étonnant est également la longueur de ce lipogramme : sur les 50 110 mots du roman, on ne trouve pas un seul “e” ! Wright, l’auteur de l’ouvrage, écrit dans l’introduction que la difficulté qui fut la plus importante pour lui était de ne pas utiliser le suffixe « -ed », que l’on met à la fin des verbes pour les conjuguer au passé.

Sa ruse était donc de n’utiliser que des verbes se construisant sans le suffixe -ed au passé, ainsi que des constructions avec « do » (par exemple « did suffer » au lieu de « suffered »).  Par ailleurs, la lettre -e étant la plus employée de la langue anglaise, il a fait face à de grands problèmes concernant le choix des mots : seulement la moitié des 500 mots les plus communs de la langue anglaise lui était disponible.

Ce livre n’a pas eu un grand succès lors de sa sortie, pourtant il est aujourd’hui très apprécié par les amateurs de “littérature à contraintes”. Il est de surcroît très recherché par les collectionneurs. Il est entré dans le domaine public en 1968 aux Etats-Unis. 

Un autre roman, beaucoup plus connu pour nous français, possède la même particularité que Gadsby : il s’agit de La Disparition de Georges Perec. La référence de Perec au roman Gadsby est flagrante, dans la mesure où les deux ouvrages font presque le même nombre de mots, mais surtout parce que l’un des personnages de La Disparition s’appelle Lord Gadsby V. Wright, c’est donc un hommage à la fois à l’auteur et à la fois au roman. Par ailleurs, une citation attribuée au personnage principal dans La Disparition est en fait issue de Gadsby.

COMMENTEZ

connectez-vous pour commenter
avatar
  S’abonner  
Notifier de