Rapports sexuels forcés, coups, insultes verbales… les violences faites aux femmes sont aujourd’hui devenues un réel problème de société des plus inquiétants. Si certaines arrivent à se défaire de cette situation atroce, une récente étude britannique montre néanmoins que cela ne signifie pas pour autant qu’elles sont épargnées par les conséquences causées par ce traumatisme. 

Les femmes ayant subi des violences conjugales auraient davantage de risques de mourir

Quatorze : voici le nombre de féminicides déjà commis depuis le début de l’année 2020, selon un décompte réalisé par le collectif Féminicides par compagnons ou ex. Le dernier a eu lieu le 14 février dernier à Verdun, dans la Meuse. Une femme de 67 ans a été tuée par balle par son conjoint. Si certaines survivent, il est loin d’être simple pour elles de sortir du silence, de se faire entendre et d’accepter de se faire aider psychologiquement. Les séquelles de ce traumatisme sont donc dévastatrices et atroces, et peuvent avoir un impact important sur leur espérance de vie, comme le rapporte The Independent.

Selon une récente étude réalisée par des scientifiques des universités de Birmingham et de Warwick, situées au Royaume-Uni, les femmes victimes de violences conjugales ont 44 % de risques en plus de mourir, quelles que soient les causes, par comparaison avec celles qui n’en ont pas subi. Afin d’aboutir à ce résultat alarmant, publié dans le Journal of The American Heart Association, les chercheurs ont étudié différents dossiers médicaux, allant de 1995 à 2017, de 18 547 femmes différentes ayant été victimes de violences conjugales et de 72 231 femmes n’en ayant pas subi. Par ailleurs, ces recherches ont montré que les femmes victimes de violences conjugales ont respectivement 31 % et 51 % de risques en plus de développer des maladies cardiovasculaires ou un diabète de type 2. 

— sdecoret / Shutterstock.com

Violences conjugales : entre stress, dépression et hygiène de vie  

Si ces recherches ne précisent pas complètement quel lien il existe entre les violences que subissent ces femmes et le développement de ces maladies, qui provoquent des décès précoces, les scientifiques ont tout de même émis des hypothèses. En effet, ils estiment que le “stress aigu et chronique” causé par le traumatisme des violences conjugales, qu’elles soient physiques ou psychologiques, pourrait favoriser le développement de ces maladies.

Celles qui parviennent à survivre adoptent alors, à cause d’un important stress, une très mauvaise hygiène de vie. Elles sont également touchées par des problèmes d’alcool et de tabagisme. Par ailleurs, ces femmes subissent une importante perte d’estime de soi, ont des troubles du sommeil et de l’alimentation et utilisent de manière inquiétante des substances psychoactives. Des facteurs qui ont, de ce fait, un impact sur leur santé et pourraient ainsi conduire à l’augmentation du taux de mortalité chez les femmes victimes de violences conjugales.

Un récent article du Figaro rapporte également que 50 % des femmes victimes de violences conjugales seraient atteintes de dépression. De plus, en France, selon des récentes données officiellement communiquées par le gouvernement, 210 000 femmes majeures sont, chaque année, victimes de violences conjugales.

Qu’en est-il de la loi française ?

En France, une femme est tuée par son conjoint ou ex-conjoint tous les deux jours, comme l’a également rapporté le gouvernement. Qu’en est-il alors de la loi française ?

Afin de protéger les femmes victimes de violences conjugales, l’Assemblée nationale a adopté, le 19 janvier dernier, une proposition de loi LREM afin de veiller à la levée du secret médical. Celle-ci est alors possible lorsque des violences ont lieu au sein du couple, “mettant la vie de la victime majeure en danger immédiat et que celle-ci se trouve sous l’emprise de leur auteur”. Par ailleurs, le 3 décembre 2019, une proposition de loi visant à “protéger les victimes de violences conjugales” a été déposée. Le 30 janvier dernier, cette proposition de loi a à nouveau été étudiée, puis enregistrée à la Présidence du Sénat et renvoyée à la Commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d’administration générale. 

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