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Rien n’est encore perdu pour le rhinocéros blanc du Kenya, une espèce en voie de disparition. Deux ans après le décès de Sudan, le dernier mâle, les scientifiques se battent toujours pour tenter de sauver le rhinocéros blanc de l’extinction. 

Les spécialistes de la réserve Ol Pejeta Conservancy au nord du Kenya multiplient les initiatives pour mettre en place un projet de reproduction avec les dernières survivantes de l’espèce : Fatu et Najin, respectivement fille et petite-fille de Sudan.

La démarche du 18 août dernier consistait à prélever dix ovocytes chez les deux femelles (cellules sexuelles femelles dont seules quelques-unes évolueront en ovules après maturation). L’opération a été un succès. Ces ovocytes seront ensuite utilisés pour concevoir des embryons, implantés ensuite dans les femelles de rhinocéros blanc du Sud du Kenya, appartenant à l’autre sous-espèce (nommée Ceratotherium simum simum).

L’objectif final est de faire naître un rhinocéros blanc dans les années à venir 

Ce n’est pas la première opération de ce genre menée par les scientifiques : l’année passée, des ovocytes ont déjà été prélevés et ont donné trois embryons, qui ont ensuite été congelés. Malheureusement, ni Fatu ni Najin ne sont à même de porter les embryons, car elles présentent toutes deux des problèmes de santé (lésions à l’utérus pour l’une et fragilité du train arrière pour l’autre). Afin que l’implantation des embryons soit un succès complet et comporte le moins de risques possible, il faut donc faire appel à des mères porteuses et attendre le bon moment dans leur cycle reproducteur. 

De nombreuses difficultés à affronter

Néanmoins, une nouvelle difficulté s’ajoute à l’équation : cette période est particulièrement difficile à déceler. Les spécialistes ont cependant trouvé une astuce pour contrecarrer ce problème : ils envisagent de faire appel à un mâle stérilisé et d’observer le comportement des femelles à son contact. Lorsqu’une période de chaleur sera détectée, ils seront alors capables d’identifier le moment opportun pour l’insémination. 
Si la réussite d’un plan d’une telle envergure est délicate, les équipes mobilisées sur le projet mettent toutes leurs chances de leur côté en disposant du plus grand nombre d’embryons possible. L’objectif final est de voir naître le premier bébé rhinocéros blanc d’ici trois ans et, dans l’idéal, repeupler progressivement cette espèce en voie de disparition. Le manque de diversité génétique pourrait également causer sa perte sur le long terme…

Le braconnage est à l’origine de l’extinction

En regardant en arrière, il est estimé qu’au début du XXe siècle, il existait entre 2.000 et 3.000 spécimens, des chiffres qui n’ont fait que chuter depuis. Dans les années 2000, seulement trente rhinocéros blancs étaient comptabilisés. Victimes massives du braconnage à cause de prétendues vertus médicinales, les seuls animaux aujourd’hui encore vivants sont nés en captivité.

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