Les êtres humains passent un tiers de leur vie à dormir et pourtant, rêver est toujours un mystère pour l’humanité, et ce, malgré toutes les avancées technologiques à notre portée. Même les experts ne sont pas décidés sur ce qui se passe exactement dans notre esprit lorsque nous sommes endormis. Si de nombreuses personnes et cultures attribuent un aspect mythique au rêve, les scientifiques sont certains que les rêves naissent de nos souvenirs et de nos émotions.

Les rêves sont des manifestations mentales d’images, de sons, de pensées et de sensations chez un individu plongé dans le sommeil. Ils sont généralement liés à la réalité. Dans le domaine de la psychologie, les rêves sont essentiellement des stimuli psychiques qui représentent des manifestations de forces psychiques qui, au réveil, sont empêchées de se déployer librement. Rêver est un processus mental involontaire dans lequel une retouche des informations stockées dans la mémoire a lieu, généralement lié aux expériences vécues par le rêveur.

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Il a été prouvé qu’il peut exister des rêves dans toutes les phases du sommeil humain. Cependant, les rêves se produisent principalement au cours du stade de sommeil à mouvements oculaires rapides, lorsque l’activité cérébrale est intense et est similaire à quand une personne est éveillée. Ce sommeil paradoxal est révélé par des mouvements continus des yeux pendant le sommeil, d’où le nom de stade de sommeil à mouvements oculaires rapides ou sommeil REM (Rapid Eye Movement).

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Quand les rêves surviennent à d’autres stades du sommeil, ils ont tendance à être beaucoup moins vifs ou mémorables. La durée d’un rêve varie d’une personne à l’autre, et ils peuvent durer quelques secondes, ou au maximum environ 20 à 30 minutes. Les gens sont plus susceptibles de se souvenir du rêve s’ils sont réveillés pendant la phase de sommeil REM. La personne moyenne a entre trois à cinq rêves par nuit, et certains peuvent en avoir jusqu’à sept. Cependant, la plupart des rêves sont immédiatement ou rapidement oubliés.

Les rêves selon la science

Au cours du XXe siècle, les études scientifiques des rêves ont considérablement progressé, la technologie facilitant grandement l’approche de ce que l’on pourrait appeler « énergie du sommeil ». Les systèmes de scanner avancés ont montré que, souvent, les rêves sont des boucles d’activité cérébrale qui se reproduisent nuit après nuit. On sait que chaque sujet a une manière unique et irremplaçable de rêver, car l’activité cérébrale représentée par les ondes électromagnétiques sur les écrans des scanners présente des graphiques très similaires chez chaque patient, mais finalement complètement différents les uns des autres.

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On ignore d’où proviennent les rêves dans le cerveau, s’il existe une seule origine ou si plusieurs parties du cerveau sont impliquées. On ne connaît pas non plus le but du rêve pour le corps ou l’esprit. On sait cependant que pendant le sommeil paradoxal, la libération des neurotransmetteurs noradrénaline, de sérotonine et d’histamine est complètement supprimée ; et que c’est ce sommeil paradoxal qui déclenche généralement les rêves. Pendant la plupart des rêves. La raison en est peut-être que le cortex préfrontal, la région du cerveau responsable de la logique et de la planification, présente une activité réduite pendant les rêves.

Les rêves chez d’autres espèces

Il est à savoir que les rêves ne sont pas exclusifs à l’espèce humaine. Tous les mammifères ont des cycles de sommeil au cours desquels leur cerveau passe par différents stades de sommeil paradoxal et de sommeil non paradoxal. Les rêves semblent se produire le plus souvent et le plus intensément pendant le sommeil paradoxal chez toutes les espèces. D’après les recherches effectuées sur le sujet, le sommeil paradoxal est la période au cours de laquelle de nombreux systèmes neuroélectriques du cerveau atteignent des niveaux d’activation maximum, aussi élevés que ceux retrouvés dans la conscience éveillée.

Certains scientifiques soutiennent que les humains rêvent pour la même raison que les autres espèces. D’un point de vue darwinien, les rêves devraient répondre à un type quelconque d’exigence biologique, présentant sans doute certains avantages pour la sélection naturelle, ou du moins, ne pas avoir d’impact négatif sur la condition physique. En 2000, le professeur Antti Revonsuo affirmait que les rêves, il y a plusieurs siècles, préparaient les êtres humains à reconnaître et à éviter les dangers en présentant une simulation d’événements menaçants. En 2012, Tsoukalas a émis l’hypothèse selon laquelle le rêve serait lié aux schémas réactifs suscités par les rencontres avec des prédateurs, et cette hypothèse est un fait manifeste dans les mécanismes de contrôle du sommeil paradoxal.

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Dans une perspective psychologique cognitive, les fonctions du rêve aident en effet l’esprit à s’adapter à l’environnement extérieur en évaluant les perceptions, en régulant l’excitation émotionnelle et en répétant les réponses comportementales. Rêver est comme un thermostat psychologique, préréglé pour nous maintenir en bonne santé, équilibré et prêt à réagir aux menaces et aux opportunités du monde éveillé. Les cauchemars post-traumatiques montrent ce qui se produit lorsqu’une expérience est trop intense et douloureuse pour être traitée de manière normale, déséquilibrant ainsi l’ensemble du système.

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