© Frontiers in Marine Science

Dans la nature, on peut trouver un bon nombre d’êtres vivants bioluminescents, comme des algues, des insectes, des batraciens, des animaux marins et même certains mammifères. Récemment, ce sont des requins qui se sont avérés avoir la capacité de briller dans le noir. Découvertes en Nouvelle-Zélande, ces trois espèces de requins vivent dans l’obscurité des fonds marins.

Le requin-cerf-volant : le plus grand vertébré bioluminescent au monde

Trois espèces de requins qui habitent les zones crépusculaires de l’océan – dans des profondeurs de 200 à 1 000 mètres en dessous de la surface – se sont avérées être bioluminescentes. Tous les trois découverts en Nouvelle-Zélande, le requin-cerf-volant, le requin-lanterne à ventre noir et le requin-lanterne du sud ont en commun des motifs bleus légèrement brillants sur leur peau. Par ailleurs, le requin-cerf-volant mesure environ 180 centimètres, ce qui fait de lui le plus grand vertébré bioluminescent au monde. Les deux autres espèces sont beaucoup plus petites, mesurant environ entre 40 et 60 centimètres.

La bioluminescence observée chez ces espèces est une première pour les requins trouvés dans les eaux néo-zélandaises. Les détails sur la découverte de la bioluminescence de ces requins ont été relatés dans la revue Frontiers in Marine Science. S’il existe un grand nombre d’êtres vivants bioluminescents, c’est un phénomène assez rare dans les mers et les océans, ont expliqué les scientifiques. « Mais compte tenu de l’immensité de la mer profonde et de la présence d’organismes lumineux dans cette zone, il est de plus en plus évident que produire de la lumière en profondeur doit jouer un rôle important dans la structuration du plus grand écosystème de notre planète », ont ainsi conclu les chercheurs.

Ainsi, la découverte de la bioluminescence chez ces requins pourra aider à mieux comprendre la vie dans les fonds marins. Par ailleurs, selon Jérôme Mallefet, auteur principal de l’étude, il est tout à fait possible que ces trois espèces de requins ne soient pas les seules à être capables de briller dans le noir. Selon les chercheurs, 57 des 540 espèces de requins connues pourraient produire de la lumière bioluminescente. Pour déterminer leur bioluminescence, les scientifiques ont capturé quelques individus de ces trois espèces de requins au cours d’une enquête sur les poissons du Chatham Rise au large de la côte est de la Nouvelle-Zélande en janvier 2020.

© Frontiers in Marine Science

Une bioluminescence encore entourée de mystères

Quant à savoir pourquoi ils brillent dans le noir, les chercheurs suggèrent que leur ventre rougeoyant pourrait les aider à se camoufler de tous les dangers qui les menacent, notamment les prédateurs. Dans le cas du requin-cerf-volant – qui n’a que peu ou pas de prédateurs – il est possible que l’espèce utilise sa lueur naturelle pour éclairer le fond de l’océan pendant qu’elle cherche de la nourriture, a rapporté Live Science. Quoi qu’il en soit, ces explications ne sont pour l’instant que des suppositions et des études plus approfondies seront nécessaires pour déterminer la raison exacte pour laquelle ces requins brillent dans le noir.

Les chercheurs ont également expliqué que des recherches approfondies seront également nécessaires pour comprendre le fonctionnement de la bioluminescence chez ces requins. Des explications théoriques ont cependant été évoquées sur ce sujet. Selon les scientifiques – comme pour tout être bioluminescent –, cela pourrait être dû à une réaction chimique entre la luciférine et l’oxygène. L’oxydation de la luciférine dans la peau des requins provoque la bioluminescence, et il semblerait que les requins puissent déclencher volontairement la réaction avec des signaux hormonaux.

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