Une espèce de requin vieille de 250 millions d’années découverte dans les abysses de l’Atlantique

Parmi les animaux marins, le requin est l’un des plus redoutés par l’Homme. Vivant à des profondeurs parfois extrêmes, ils sont difficiles à observer et restent très mystérieux pour les biologistes. La découverte d’une nouvelle espèce vivant au fond de l’océan Atlantique pourrait cependant permettre aux chercheurs d’en apprendre plus sur eux, d’autant que l’espèce en question est plus vieille que les dinosaures !

 

LE DESCENDANT D’UN DES PLUS VIEUX ANIMAUX AU MONDE ?

L’espèce en question, pour l’heure baptisée Griset de l’Atlantique, appartient à la famille des requins grisets. Possédant un corps en forme de torpille, ils peuvent mesurer  entre 1,50 et 4,50 mètres à l’âge adulte, mais ils peuvent atteindre les 6 mètres. S’il se trouve dans les océans du globe, le requin griset de l’Atlantique est toutefois plus petit que ses cousins du Pacifique. Au niveau cellulaire, cette nouvelle espèce ressemble d’ailleurs davantage à une autre variété de requins : le requin-vache (Hexanchus nakamurai).

Les chercheurs ont également découvert que ce requin appartenait à une espèce rare. Les ancêtres de ce requin des abysses nageaient déjà dans les fonds marins il y a 250 millions d’années, soit 20 millions d’années avant les dinosaures ! La découverte, publiée la semaine dernière dans la revue Marine Biodiversity, a étonné les spécialistes de la vie sous-marine car en plus d’être exceptionnelle, elle a failli ne jamais voir le jour.

UNE DÉCOUVERTE FAITE PAR HASARD ?

C’est à une équipe de scientifiques du Florida Institute of Technology menée par Toby Daly-Engel, professeur de biologie que nous devons cette découverte. En marquant des requins grisets, les chercheurs ont analysé les échantillons ADN de ces animaux.

C’est alors qu’ils ont remarqué que ceux-ci ne correspondaient pas avec les échantillons existants. Les chercheurs ont étudié en détail cet échantillon ADN et trouvé un nom pour cette nouvelle espèce : le griset de l’Atlantique (Hexanchus vitulus).

UNE ESPÈCE À ÉTUDIER POUR MIEUX LA PRÉSERVER

« Nous en savons si peu sur les requins, donc cette nouvelle espèce nous aide à comprendre leur évolution dans son ensemble. Apprendre à mieux connaître ces animaux offre des opportunités intéressantes » pour Blake Chapman, biologiste marin spécialisé dans les requins à l’Université du Queensland (Australie). La découverte permet notamment de porter un autre regard sur la diversité des requins dans les grands fonds océaniques, et pourrait contribuer aux efforts de conservation.

Si les conditions de vie dans cette région de l’océan changent rarement, les animaux qui y résident sont cependant plus vulnérables aux modifications de leur environnement. La pêche et le changement climatique comptent parmi les plus grandes menaces pour les requins des grands fonds, d’autant que leur taux de croissance est plus lent car il leur est difficile de se reproduire.


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