Peindre des vaches de rayures noires et blanches afin qu’elles ressemblent à des zèbres. Une méthode tout à fait surprenante, n’est-ce pas ? Bien au contraire ! Diverses études scientifiques ont montré l’efficacité des rayures de zèbres pour dissuader les insectes, dont les mouches tsé-tsé et les taons, de s’approcher de l’animal. Ainsi, une équipe de scientifiques japonais a peint des vaches tels des zèbres pour leur éviter d’être gênées et envahies par ces insectes.

Les rayures de zèbres : un moyen de lutte contre les mouches

Il existe déjà plusieurs hypothèses quant à l’efficacité des bandes noires et blanches des zèbres. Leurs fonctions fascinent les scientifiques. A la fois technique de camouflage, outil pour perturber les prédateurs ou encore moyen utile pour réguler la température du corps de l’animal, elles seraient avant tout une arme des plus compétentes pour lutter contre l’invasion des insectes et parasites.

Trois études différentes ont déjà été réalisées pour confirmer cette hypothèse. En février 2019, une équipe dirigée par Tim Caro est parvenue à prouver qui ces rayures sont des illusions d’optique pour les insectes. Pour cela, ils avaient peint des chevaux en noir et blanc. Résultat : les équidés étaient moins piqués par les mouches.

Ainsi, une équipe de onze scientifiques du Centre de recherches agricoles de Nagakute et de l’université de Kyoto au Japon ont souhaité renouveler l’expérience en peignant six vaches noires de rayures blanches et noires. Leurs travaux, publiés le 3 octobre dans la revue Plos One, ont montré des résultats tout à fait surprenants. En effet, « les vaches peintes avec des rayures de zèbres peuvent être moins piquées par des mouches« , concluent-ils dans leur rapport.

— © Tomoki Kojima et al, Plos One, 2019

Les mouches : vecteurs de pathologies pour les vaches

Le principal problème qui a poussé à réaliser ces études est le danger des piqûres de mouches pour les bovins. Très exposées aux invasions de ces insectes, les vaches peuvent développer des maladies après une simple piqûre. Leur temps de pâturage, leur alimentation et couchage sont alors perturbés.

Les chercheurs ont comparé la présence des mouches sur des vaches normales, des vaches avec des rayures noires puis d’autres zébrées. En moyenne, il apparaît que les vaches peintes de rayures noires et blanches sont deux fois moins piquées que les autres. Les coups de queue et autres gestes causés par l’abondance des mouches étaient également 20 % moins visibles chez celles-ci.

Les scientifiques rappellent dans leur compte-rendu que « les mouches augmentent aussi la tendance du bétail à se regrouper, ce qui génère un stress dû à la chaleur et accroît le risque de blessure, car les animaux se bousculent pour trouver une meilleure position afin d’éviter les piqûres ». Cela entraîne donc une réduction de production chez les vaches laitières et cause la baisse du poids des bovins. En 2012, des chercheurs américains avaient d’ailleurs constaté qu’une seule mouche serait la cause d’une perte de productivité de près de 139 kg de lait et de 26 kg de viande par vache chaque année.

— Marton Andras Kiss / Shutterstock.com

Une méthode qui permettrait de réduire l’utilisation des pesticides

Même si l’explication de ce phénomène reste encore floue, les scientifiques affirment que cela serait « une méthode pratique et respectueuse de l’environnement » et permettrait donc de réduire l’utilisation des pesticides chimiques dans les troupeaux. A terme, les mouches parviennent même à être auto-résistantes aux pesticides.

S’effaçant au bout de quelques jours, « il faudrait développer des peintures persistant dans le temps de la saison des mouches, soit 3 à 4 mois », expliquent les scientifiques. Relativement rapide, le temps de peinture ne contraindra que peu les agriculteurs. Par ailleurs, afin de reconnaître facilement et à distance chaque membre du troupeau, un système de marquage a déjà été utilisé.

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