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Des chercheurs américains ont récemment démontré le potentiel de la radiothérapie pour le traitement l’arythmie cardiaque. Moins invasive que les méthodes traditionnellement utilisées, celle-ci se révélerait également plus efficace.

Une méthode moins invasive

Pouvant entraîner des problèmes de santé potentiellement graves à long terme, l’arythmie est due à une transmission altérée des signaux électriques dans les tissus cardiaques. Actuellement, l’une des principales approches utilisées pour la traiter est l’ablation par cathéter, procédure invasive consistant à glisser de minces tubes dans les artères du cœur, afin de détruire les cellules responsables de ce dérèglement.

Il y a quelques années, des chercheurs de l’université de Washington ont découvert une alternative beaucoup moins invasive : la radiothérapie, principalement utilisée pour traiter les patients atteints de cancer. Dirigée vers le cœur, cette dernière permettait d’améliorer les symptômes de l’arythmie, tout aussi bien, voire mieux, que l’ablation par cathéter (ceux-ci étant significativement réduits au bout de quelques jours plutôt que quelques mois).

Les chercheurs avaient à l’époque supposé que les radiations créaient des cicatrices similaires à celles de l’ablation par cathéter, mais des observations ultérieures ont suggéré que d’autres facteurs étaient à l’œuvre. Pour cette nouvelle étude parue dans la revue Nature Communications, l’équipe a donc cherché à en savoir plus.

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Un examen approfondi du cœur des sujets de l’étude initiale, qui étaient décédés ou avaient subi une transplantation cardiaque, a confirmé que la cicatrisation seule ne pouvait expliquer les améliorations impressionnantes observées. Des tests de suivi sur des cœurs de souris ont montré que l’activité semblait s’être temporairement intensifiée dans la voie de signalisation de Notch, connue pour stimuler l’activité des canaux ioniques du sodium dans le muscle cardiaque, ce qui réduit l’arythmie.

Des effets durables

Jouant un rôle clé lors du développement du système électrique du cœur, cette voie est normalement inactive chez l’adulte. Son réveil par la radiothérapie semblait ramener le tissu cardiaque à un état antérieur pendant une courte période, avec des effets bénéfiques ayant persisté pendant au moins deux ans chez les patients humains.

« Les radiations engendrent un type de blessure différent de l’ablation par cathéter », explique Julie Schwarz, co-auteure de l’étude. « En réponse, les cellules de la partie lésée du cœur semblent temporairement rajeunir. Il est important de comprendre comment cela fonctionne car, avec cette connaissance, nous pouvons améliorer le traitement des patients souffrant d’arythmie cardiaque. »

Estimant qu’une telle approche pourrait potentiellement être étendue à d’autres maladies, l’équipe prévoit de continuer à l’étudier en tant que traitement potentiel de l’arythmie, et de voir si de plus petites doses pourraient être utilisées.

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