— Vadim Sadovski / Shutterstock.com

Des chercheurs britanniques ont récemment déterminé que notre planète s’était révélée beaucoup moins hospitalière que prévu pendant des périodes prolongées, ce qui a profondément impacté l’évolution de la vie terrestre.

Des conditions particulièrement hostiles

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Royal Society Open Science, Gregory Cooke et ses collègues de l’université de Leeds ont réalisé des simulations informatiques avancées, ayant montré qu’à différents moments, les niveaux de rayonnement ultraviolet ayant atteint la surface de la Terre au cours des 2,4 derniers milliards d’années s’étaient révélés jusqu’à dix fois plus importants qu’estimé jusqu’à présent.

Selon l’équipe, cette période représente un chapitre important dans le développement de la biosphère, caractérisé par une augmentation substantielle de l’oxygène dans l’atmosphère (les niveaux actuels ayant été atteints il y a environ 400 millions d’années), qui a permis l’émergence des organismes multicellulaires et des animaux plus complexes.

« De tels résultats soulèvent de nouvelles questions sur l’impact du rayonnement UV sur l’évolution de la vie terrestre », estime Cooke. « Si de nombreuses formes de vie sont connues pour être affectées négativement par des doses intenses de rayons UV, certains organismes disposent de mécanismes de défense efficaces, et peuvent même réparer certains des dommages causés. »

Schéma montrant l’évolution du rayonnement UV ayant atteint la Terre au cours des 2,4 derniers milliards d’années — © Gregory Cooke / Royal Society Open Science

Ainsi, des quantités élevées de rayonnement UV n’auraient pas empêché l’émergence ou l’évolution de la vie, mais plutôt agi comme un mécanisme de sélection, les organismes les plus aptes à y faire face se retrouvant avantagés.

Un impact important sur l’évolution de la vie

Alors que les scientifiques supposaient depuis des décennies que la couche d’ozone avait été en mesure de protéger la vie des rayons UV nocifs lorsque l’oxygène atmosphérique atteignait environ 1 % des niveaux actuels, les nouvelles modélisations réalisées par les chercheurs britanniques suggèrent que celui-ci aurait plutôt dû se situer aux alentours de 5 à 10 %.

« Cela signifie que pendant plus d’un milliard d’années, la surface terrestre a vraisemblablement été exposée à un rayonnement UV beaucoup plus intense que ce que l’on croyait jusqu’à présent, avec des conséquences fascinantes sur l’évolution de la vie », souligne Cooke.

« Nous ignorons précisément quand les animaux sont apparus, ni quelles conditions ils ont rencontrées dans les océans ou sur terre. Cependant, en fonction des concentrations d’oxygène, ces derniers, ainsi que les plantes, ont pu être confrontés à des conditions bien plus hostiles que celles du monde actuel », poursuit le scientifique. « Nous espérons que tout l’impact évolutif de nos résultats pourra être exploré à l’avenir. »

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