Delphine Lalaurie est sans aucun doute une des figures les plus célèbres de l’histoire de la Nouvelle-Orléans. Bien que cela ne soit pas pour de bonnes raisons. En effet, madame Lalaurie était une femme sadique, sanguinaire et qui a commis les pires atrocités. Retour sur l’histoire de madame Lalaurie, cette dame dite « respectable » qui a torturé des esclaves dans le plus grand secret. Jusqu’à ce fameux jour du 10 avril 1834…

Madame Delphine Lalaurie, une femme « respectable »

Delphine Lalaurie est née Marie Delphine de Macarthy en 1787 à la Nouvelle-Orléans. Issue d’une famille aisée créole française d’origine irlandaise, Delphine va mener une vie de mondanité. Après son troisième mariage, avec le docteur Louis Nicolas Léonard Lalaurie, elle s’installe dans une magnifique maison de trois étages, au 1 140 rue Royale. Madame Lalaurie est considérée comme une femme respectable, polie et gentille. En effet, de nombreuses fêtes somptueuses étaient données dans sa demeure, et toute la grande société de la Nouvelle-Orléans y était conviée. De ce fait, les Lalaurie possédaient de nombreux esclaves pour les servir.

Mais c’est aussi dans cette maison que les pires atrocités furent commises. Au fur et à mesure des années, et des siècles, madame Lalaurie est devenue la figure féminine la plus sanglante de la Nouvelle-Orléans.

Des rumeurs commencèrent à circuler. En effet, des voisins s’aperçurent que certains esclaves de la maison disparaissaient. Puis un jour, une jeune esclave de 12 ans se défenestra pour ne pas subir le courroux de Delphine Lalaurie qui la poursuivait avec un fouet. La raison de la colère de madame Lalaurie était que cette jeune fille avait trop tiré sur ses cheveux alors qu’elle la coiffait. C’est ainsi que la réputation de madame Lalaurie s’assombrit. La haute société de la Nouvelle-Orléans ne venait plus à ses soirées, et nombreux étaient ceux qui l’évitaient dans la rue. Cependant, il s’avéra que les sévices de madame Lalaurie ne s’arrêtaient pas à de simples coups de fouet.

Le 1 140 rue Royale : la maison de l’horreur

Le 10 avril 1834, un incendie se déclara dans la maison de madame Lalaurie. Les pompiers arrivés sur place découvrirent que c’était la cuisinière des Lalaurie qui avait sciemment mis le feu aux cuisines dans l’intention de se suicider, après s’être libérée de ses chaînes. De plus, les pompiers découvrirent le docteur Lalaurie et sa femme en train de tout faire pour sauver leurs biens. Les voisins et les pompiers furent surpris de ne voir aucun esclave avec eux.

Maison de madame Lalaurie, au 1 140 rue Royale, Nouvelle-Orléans © Dropd / Wikimedia Commons

Bien que les Lalaurie aient refusé de donner les clefs du quartier des esclaves, les secours enfoncèrent les portes. Ce qu’ils découvrirent était au-delà de l’imaginable. Une odeur d’urine, d’excréments et de sang se dégageait du grenier, des membres humains jonchaient le sol, des têtes se trouvaient dans des seaux, et des entrailles humaines dans des bocaux étaient exposées sur les étagères. Les esclaves étaient enchaînés les uns à côté des autres, maigres avec des plaies béantes et purulentes.

Certains esclaves avaient été émasculés, d’autres avaient les yeux crevés. De même, certains esclaves avaient le crâne troué avec un bâton encore à l’intérieur de leur tête. Une femme avait la bouche remplie d’excréments et recousue. Certains avaient des membres d’autres esclaves cousus sur eux… Il se raconte même qu’une femme avait eu les os brisés à différents endroits et remis en place pour qu’elle ressemble à un crabe. En somme, les pompiers et les voisins découvrirent toute l’atrocité dont pouvait faire preuve madame Lalaurie ce soir-là.

Qu’est devenue madame Lalaurie ?

Suite à ces scènes d’horreur, les autorités de la Nouvelle-Orléans voulurent se saisir de madame Lalaurie. Mais des habitants voulaient aussi sa tête. Cependant, Delphine Lalaurie ne sera jamais arrêtée. Le jour même de l’incendie, elle prit la fuite. Et pendant de nombreuses années, nul ne retrouva sa trace. Une rumeur disait qu’elle se trouvait à Lacombe, en Louisiane, qu’elle s’était mise à la magie noire et qu’elle sacrifiait des animaux pour jeter des sorts. C’est alors que le nom de Delphine Lalaurie inspira en plus du dégoût, de la peur. De plus, le 1 140 rue Royale est considéré comme hanté.

© FX Networks – American Horror Story Saison 3 / Allociné

Delphine Lalaurie décéda une dizaine d’années après l’incendie de sa maison, à Paris. Seulement, nous ne connaissons pas la date exacte de sa mort. En effet, il est écrit dans les archives de Paris que madame Lalaurie serait décédée en 1849, lors d’une chasse au sanglier. Mais une stèle dans le cimetière de Saint-Louis de la Nouvelle-Orléans indique : « Madame Delphine Lalaurie, née Marie Delphine de Macarthy, décédée à Paris le 7 décembre 1842. »

Aujourd’hui, l’histoire de Madame Lalaurie a fait naître une légende sanglante et empreinte d’atrocités. Il est compliqué avec le temps de savoir ce qui est réel, ou simplement dû à des rumeurs. Mais ce qui est sûr, c’est qu’encore aujourd’hui Delphine Lalaurie fait parler d’elle et inspire des scénaristes. Comme Ryan Murphy dans la saison 3 d’American Horror Story, avec Kathy Bates, ou Chad et Carey Hayes, les créateurs de Conjuring, qui travaillent sur une série de films sur la maison du 1 140 rue Royale.

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