Une équipe de chercheurs américains vient de réaliser une avancée marquante dans le domaine des interfaces cerveau-ordinateur et de la technologie robotique. Ces derniers ont mis au point une nouvelle prothèse de bras ne nécessitant ni chirurgie ou procédure invasive pour être contrôlée.

Une avancée technologique importante

Jusqu’à récemment, si vous souhaitiez contrôler une prothèse robotique par la pensée, vous aviez deux possibilités : recevoir des implants cérébraux permettant un contrôle continu et précis du dispositif, ou vous passer de chirurgie en privilégiant un appareil capable de détecter vos ondes cérébrales sans implants, mais impliquant généralement un contrôle très saccadé et beaucoup moins précis de la prothèse. Mais grâce aux travaux réalisés par les chercheurs de l’université Carnegie-Mellon, aux États-Unis, l’écart entre ces deux méthodes semble aujourd’hui plus réduit que jamais.

Ceux-ci viennent en effet de mettre au point le premier bras robotique non invasif commandé par la pensée capable de réaliser des mouvements fluides et continus, jusqu’alors réservés aux systèmes impliquant des implants cérébraux. Une prouesse permettant d’envisager un avenir où la technologie qui nous entoure pourra être contrôlée uniquement par la pensée. Dans un article publié dans la revue Science Robotics, ces derniers décrivent une combinaison de techniques de détection et d’apprentissage machine pour créer une interface cerveau-ordinateur capable de détecter les ondes cérébrales des sujets.

L’interface cerveau-machine développée par les chercheurs permet un contrôle précis et fluide du bras robotique sans implants. © Youtube

De nombreuses applications envisageables

Appelés casques électroencéphalographes (EEG), les dispositifs utilisés par les chercheurs étaient munis de capteurs électriques permettant de mesurer en temps réel l’activité du cerveau à travers le crâne. Les signaux étaient ensuite filtrés par fréquence, avant d’être convertis en mouvements par le logiciel, qui les transmettait instantanément au bras robotique. Dans le cadre des expériences réalisées, les différents sujets devaient utiliser ce système afin que la prothèse qu’ils commandaient suive les mouvements du curseur à l’écran en temps réel, de façon continue et fluide. Un défi qu’ils ont relevé haut la main.

S’il reste évident qu’une telle technologie bénéficiera dans un premier temps aux personnes amputées, souffrant de troubles du mouvement ou de paralysie, Bin He, chercheur ayant supervisé l’étude, envisage un avenir dans lequel ce type d’interface homme-machine non invasive sera omniprésente et profitera à l’ensemble de la population : « Malgré les défis techniques que pose l’utilisation de signaux non invasifs, nous sommes persuadés que ce type de technologie pourrait un jour devenir un moyen d’assister les gens dans leurs tâches quotidiennes. »

Démonstration du dispositif mis au point par les chercheurs de l’université
Carnegie-Mellon.

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