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A notre époque, l’obésité est un problème qui touche de plus en plus d’individus de tout âge. Les inquiétudes concernant ce mal sont surtout relatives aux problèmes de santé qui y sont liés. Face à cette maladie, les chercheurs ont longtemps cherché une solution médicale à ce problème et, dans le cadre de leurs études, ils ont découvert une protéine qui influe sur l’appétit et l’obésité.

L’absence d’une simple protéine a entraîné l’obésité chez des souris en 3 mois

Depuis un quart de siècle, l’obésité est un problème sans cesse croissant dans le monde entier. En ce qui concerne la France, le nombre de personnes obèses a doublé depuis la fin des années 1990, et 17 % de la population a désormais un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30. Bien au-delà d’un simple surpoids, le véritable problème avec l’obésité étant que cette maladie est liée à de nombreux troubles de santé, dont les maladies cardio-vasculaires et le diabète de type 2. Quant à savoir pourquoi une personne devient obèse, c’est essentiellement causé par un déséquilibre entre l’apport alimentaire et la dépense énergétique.

Mais il est pourtant très important de voir au-delà des préjugés selon lesquels une personne obèse est paresseuse et manque tout simplement de maîtrise de soi. Selon les chercheurs de l’Okinawa Institute of Science and Technology Graduate University, au Japon, il existe dans notre corps des mécanismes qui régulent l’appétit et le métabolisme, indépendamment de notre volonté. Malheureusement, ces mécanismes sont encore mal compris. Pour améliorer cette compréhension, les chercheurs ont décidé d’étudier une protéine qui pourrait jouer un rôle clé dans la régulation de l’appétit : la XRN1. Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue iScience.

Cette protéine est notamment fabriquée dans le cerveau antérieur, une zone du cerveau qui libère certaines des hormones impliquées dans la régulation de la température corporelle, de la soif et de la faim. Afin de comprendre le rôle de cette protéine dans la régulation de l’appétit, les chercheurs ont modifié des souris afin qu’elles ne puissent plus produire de XRN1. Il a été constaté que, après 6 semaines sans avoir produit cette protéine, les souris ont commencé à prendre beaucoup de poids, dans la mesure où elles mangeaient deux fois plus que les souris normales. 12 semaines plus tard, elles étaient devenues obèses et ont accumulé de la graisse dans le tissu adipeux et le foie.

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Une résistance à la leptine et à l’insuline liée à l’absence de XRN1

« Cette découverte était vraiment surprenante. Lorsque nous avons éliminé XRN1 pour la première fois dans le cerveau, nous ne savions pas exactement ce que nous allions trouver, mais cette augmentation drastique de l’appétit était très inattendue », a déclaré le Dr Shohei Takaoka, auteur principal de l’étude, dans un communiqué. En parallèle avec les expériences sur la XRN1, les scientifiques ont également analysé les niveaux de leptine chez les souris, la leptine étant une hormone produite par les cellules graisseuses qui communique avec l’hypothalamus pour faire savoir aux gens qu’ils ont suffisamment mangé. Chez les personnes obèses, cette fonction peut être perturbée.

En effet, chez les personnes obèses, il y a des niveaux élevés de cellules graisseuses, et donc des niveaux élevés de leptine. Mais cela ne signifie pas nécessairement une meilleure suppression de l’appétit. En effet, le signal de la leptine n’atteint plus le cerveau, ce qui entraîne une suralimentation et une prise de poids continue. C’est ce qu’on appelle la résistance à la leptine. La question est de savoir pourquoi ce phénomène se produit. La réponse pourrait être liée à la XRN1, dans la mesure où les expériences de l’étude ont montré que les souris incapables de produire cette protéine étaient résistantes à la leptine. Plus encore, les souris sans XRN1 étaient incapables de brûler correctement de la graisse pour leurs dépenses énergétiques, a rapporté Pourquoi Docteur.

« Pour une raison quelconque, cela signifie que sans XRN1, les souris ne peuvent pas utiliser efficacement les graisses comme carburant. Pourquoi cela se produit, nous ne le savons toujours pas », a déclaré le Dr Akiko Yanagiya, coauteur de l’étude. Les chercheurs ont également constaté que les souris sans XRN1 étaient résistantes à l’insuline, ce qui est fortement associé au diabète. Pour l’instant le mécanisme de cette protéine est encore mal connu, mais les chercheurs sont désormais sur une piste solide pour une meilleure compréhension du lien entre la régulation de l’appétit et l’obésité.  

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